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 Esquisse et exégèse N°4

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Lemli
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MessageSujet: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeLun 2 Juil 2012 - 12:02

Bonjour à tous, chers lecteurs, et bienvenus pour ce tout premier numéro, oui, le seul, l'unique, numéro de Esquisse et exégèse. Alors en quoi consistons-nous, je vous l'explique : Un auteur, un livre ? Une critique ! Nous recevons de votre part des critiques de livres publiés, connus, même aimés, qui ont pour vocation d'examiner, d'analyser le travail des romanciers, afin d'aider et de guider les auteurs amateurs ; vous, en définitive. Ainsi, chaque semaine, nous diffusons la critique qui nous a le plus touché. Nous tenons par ailleurs à varier leurs teneurs, de passer d'une critique négative à une critique positive, et ainsi de suite, 52 fois l'an ! Alors sans plus tarder, je suis fou, je me lance, et commence dur avec la lettre de Mr. Lemli Xinlorrn, que nous remercions chaleureusement !


Critique [négative] N°1 : Brisingr - Saga l'Héritage ; Christopher Paolini.
Citation :
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnTapi au sommet d'une éminence sablonneuse, parsemée de rares touffes d'herbes, des buissons épineux et de petits cactus en forme de bouton de rose, Eragon fixait le repère des monstres qui avaient tué son oncle Garrow.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnLes tiges sèches et cassantes des pousses de l'année passée lui griffaient les paumes, tandis qu'il rampait à plat ventre pour avoir une meilleure vue sur Helgrind. La tour de pierre noir, surgie comme une lame des entrailles de la terre, dominait tout le paysage.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnLe soleil déclinant zébraient les collines basses d'ombres obliques, et illuminait au loin la surface du lac Leona, transformant l'horizon en une bande ondoyante d'or liquide.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnÀ sa gauche, Eragon entendait la respiration régulière de son cousin, Roran, étendu près de lui. Inaudible pour une oreille normale, ce léger souffle lui paraissait presque bruyant tant ses sens étaient aiguisés depuis l'Agaeti Sänghren, ou Serment du Sang, cérémonie elfique au cour de laquelle il avait été transformé.
Il n'y prêtait guère attention, se concentrait sur la procession - À l'évidence venue de Dras-Leona, à quelques milles de là - qui progressait lentement vers la base de Helgrind, menée par vingt-quatre hommes et femmes en longues robes de cuir. Au sein du groupe, les modes de déplacements étaient variés, curieux : on y boitait, trainait les pieds, sautillait ou se tortillait, certains se balançaient entre des béquilles, d'autres, aux jambes bien trop courtes, se propulsaient avec les bras. Alors qu'ils approchaient, Eragon s'aperçut que les vingt-quatre meneurs du cortège se contorsionnaient de la sorte parce qu'ils avaient perdu un ou plusieurs membres. Sur une litière soutenue par six esclaves au corps huilé, leur chef - homme ou femme, impossible à dire - se tenait droit, ce qui tenait de l'exploit, car il n'avait ni bras ni jambes ; une couronne haute de trois pieds, faite de cuir ouvragé était posée en équilibre sur sa tête.

1 : Décortication de la forme ; Adjectifs directs, répétitions, participes présents, verbes.
Citation :
Tapi au sommet d'une éminence sablonneuse, parsemée de rares touffes d'herbes, des buissons épineux et de petits cactus en forme de bouton de rose, Eragon fixait le repère des monstres qui avaient tué son oncle Garrow.
Les tiges sèches et cassantes des pousses de l'année passée lui griffaient les paumes, tandis qu'il rampait à plat ventre pour avoir une meilleure vue sur Helgrind. La tour de pierre noire, surgie comme une lame des entrailles de la terre, dominait tout le paysage.
Le soleil déclinant zébraient les collines basses d'ombres obliques, et illuminait au loin la surface du lac Leona, transformant l'horizon en une bande ondoyante d'or liquide.
À sa gauche, Eragon entendait la respiration régulière de son cousin, Roran, étendu près de lui. Inaudible pour une oreille normale, ce léger souffle lui paraissait presque bruyant tant ses sens étaient aiguisés depuis l'Agaeti Sänghren, ou Serment du Sang, cérémonie elfique au cour de laquelle il avait été transformé.
Il n'y prêtait guère attention, se concentrait sur la procession - À l'évidence venue de Dras-Leona, à quelques milles de là - qui progressait lentement vers la base de Helgrind, menée par vingt-quatre hommes et femmes en longues robes de cuir. Au sein du groupe, les modes de déplacements étaient variés, curieux : on y boitait, trainait les pieds, sautillait ou se tortillait, certains se balançaient entre des béquilles, d'autres, aux jambes bien trop courtes, se propulsaient avec les bras. Alors qu'ils approchaient, Eragon s'aperçut que les vingt-quatre meneurs du cortège se contorsionnaient de la sorte parce qu'ils avaient perdu un ou plusieurs membres. Sur une litière soutenue par six esclaves au corps huilé, leur chef - homme ou femme, impossible à dire - se tenait droit, ce qui tenait de l'exploit, car il n'avait ni bras ni jambes ; une couronne haute de trois pieds, faite de cuir ouvragé était posée en équilibre sur sa tête.
36 adjectifs, 14 répétitions, 4 participes présents, 31 verbes : 85 mots sur 311 ; 27 % du texte.
Ce que l'on remarque en premier lieu, (c'est que c'est joulii), c'est le grand nombre d'adjectifs et de verbes, presque autant les uns que les autres ; chaque phrase en est truffé, sauf l’avant-dernière, dénuée d'adjectifs, mais comportant 4 verbes. Le résultat en est simple : à moins d'avoir un style unique, époustouflant, à moins d'avoir un pouvoir de narration si grand qu'une liste de course fera frissonner d'angoisse les lecteurs, le récit paraîtra lourd, répétitif ; parfois même mal écrit, à cause de termes mal choisis. Et Paolini n'a pas (pas encore, surement) ce talent ci.


2 : Erreurs, fautes, incertitudes et incohérences.
Citation :
parsemée de rares touffes d'herbes
Le mot parsemé précise déjà que les touffes d'herbes sont peu, rares, éparpillées, disséminées, alors "rares" n'a pas sa place ici.
Citation :
de petits cactus en forme de bouton de rose
J'ai du mal à imaginer, ce serait un cactus en forme de fleur ? Une fleur avec des épines ? Étrange. Sinon, "bouton de rose" ne devrait-il pas être au pluriel ?
Citation :
le repère des monstres qui avaient tué son oncle Garrow.
Des Ra'zacs, quoi. Ça va, c'est le troisième tome, on se rappelle, et ceux qui commenceraient la saga par l'avant dernier livre n'ont aucune excuse. Pas besoin de revenir en arrière.
Citation :
tandis qu'il rampait à plat ventre
Parce que l'on peut ramper sur la tête, sur les mains ? Il pourrait être sur le dos, mais qui pense à un homme sur le dos quand on dit le mot "ramper" ?
Citation :
Le soleil déclinant zébraient les collines basses d'ombres obliques
Si le soleil décline, les ombres sont forcément obliques.
Citation :
Eragon entendait la respiration régulière de son cousin, Roran, étendu près de lui
De son cousin, étendu ; de Roran, étendu ; mais pourquoi donc les deux ?
Citation :
Inaudible pour une oreille normale, ce léger souffle
C'est évident que le souffle est léger, puisque qu'il est presque inaudible.
Citation :
tant ses sens étaient aiguisés depuis l'Agaeti Sänghren, ou Serment du Sang, cérémonie elfique au cour de laquelle il avait été transformé.
Oui, on sait déjà tout ça, on est toujours pas des poissons. Toutes les informations après "Agaeti Sänghren" sont à enlever.
Citation :
À l'évidence venue de Dras-Leona, à quelques milles de là
Si c'est évident, est-bien nécessaire de le mentionner ?
Citation :
menée par vingt-quatre hommes et femmes
Pas une vingtaine, non, 24, il a pensé à les compter, carrément.
Citation :
les modes de déplacements étaient variés
Les "modes" de déplacement ? Ça semble bizarre, ça sonne bizarre ; alors pourquoi pas "les déplacements" tout court ?
Citation :
se tenait droit, ce qui tenait de l'exploit, car il n'avait ni bras ni jambes
Même avec des jambes, je le mets au défi de rester en équilibre sur une litière porté sur un terrain inégal. Abraracourcix powa.
Citation :
une couronne haute de trois pieds
Trois pieds, ça fait à peu près un mètre. Une couronne d'un mètre, vache ! C'est plus une couronne, c'est une toque de cuisinier.


3 : Réécriture du texte (Proposition).
Citation :
Tapi au sommet d'une éminence sablonneuse, parsemée de touffes d'herbes, de buissons et de petits cactus, Eragon fixait le repère des Ra'zacs.
Les tiges sèches et cassantes des jeunes pousses lui griffaient les paumes, tandis qu'il rampait pour avoir une meilleure vue sur Helgrind. La tour de pierre noir, surgie comme une lame des entrailles de la terre, dominait tout le paysage. Le soleil déclinant zébraient les collines d'ombres, et illuminait au loin la surface du lac Leona, transformant l'horizon en une bande d'or liquide.
À sa gauche, Eragon entendait la respiration régulière de son cousin, étendu près de lui. Inaudible pour une oreille normale, ce souffle lui paraissait presque bruyant tant ses sens étaient aiguisés depuis l'Agaeti Sänghren.
Il n'y prêtait guère attention, se concentrait sur la procession qui progressait lentement vers la base de Helgrind, menée par une vingtaine d'hommes et de femmes en longues robes de cuir. Au sein du groupe, les déplacements étaient variés, curieux : on y boitait, trainait les pieds, sautillait ou se tortillait, certains se balançaient entre des béquilles, d'autres, aux jambes bien trop courtes, se propulsaient avec les bras. Alors qu'ils approchaient, Eragon s'aperçut que les meneurs du cortège se contorsionnaient de la sorte parce qu'ils avaient perdu un ou plusieurs membres. Sur une litière soutenue par six esclaves au corps huilé, leur chef androgyne se tenait droit, un véritable exploit, car il n'avait ni bras ni jambes. Une couronne haute de trois pouces, faite de cuir ouvragé, était posée sur sa tête.
Ps : Il est vrai que choisir une texte traduit, originairement anglais (américain), n'est pas la meilleure chose à faire. Pourtant, il est publié en français, lu en français, apprécié en français, alors il est logique de faire la critique de la traduction française.


Voili voilou, c'est terminé pour aujourd'hui ! Je vous dis au revoir, et vous souhaite une joyeuse semaine, en espérant pouvoir vous offrir de nombreuses autres émissions. Et n'oubliez pas : Après les conseils, les avis, les descentes, seul votre choix compte !

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Citation :
Si tout est sombre autour de toi, est-ce parce que l'ampoule est cassée, ou parce que tu as éteint la lumière ?


Dernière édition par Lemli le Jeu 13 Déc 2012 - 11:45, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeLun 2 Juil 2012 - 12:53

Citation :

Citation :
Sur une litière soutenue par six esclaves au corps huilé, leur chef
les esclaves aux corps huilés ? Ou c'est le chef qui est huilé ? Erreur de traduction ?
Chaque esclave n'a qu'un corps donc, c'est bien "au corps huilé" au singulier.

Sinon j'avais relevé:
Citation :
À sa gauche, Eragon entendait la respiration régulière de son cousin [...] Il n'y prêtait guère attention[...]
Il y a deux secondes on dit qu'il l'écoute et là il ne prête pas attention faut savoir, surtout qu'il trouve ça bruyant...
A la limite on peut dire qu'il arrête d'y prêter attention pour se concentrer par la suite.

Pas mal le coup du trois pieds pour la couronne, mais bon... pourquoi pas ? ça renforce l'exploit ! Very Happy

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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeLun 2 Juil 2012 - 19:06

Mais il faudrait qu'ils n'aient qu'un seul corps (donc un corps pour six) pour utiliser le singulier ? Si on change la phrase, ça ferait "La litière étaient soutenu par six esclaves. Leurs corps huilés" (donc six hommes, six corps) ? Que l'on me donne la règle, nom d'un astre, je m'y perds (un alexandrin ^^) !

J'en profite pour préciser que vous pouvez bien évidement (alors si c'est évident, pourquoi le mentionner, hein ?) donner votre point de vue, rajouter, faire votre propre critique sur ce texte, ou critiquer la critique. Et également, il serait bien que deux volontaires se désignent pour la prochaine critique, un qui la poste, et un qui en poste une autre au cas où le premier soit indisponible. Pas que le retard soit important, mais l'ordre, c'est toujours mieux. Smile

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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeLun 2 Juil 2012 - 19:13

Citation :
Leurs corps huilés" (donc six hommes, six corps) ?
Justement non, "leur corps huilé" ici

site de grammaire trouvé par mes soins: si "leur" est un déterminant (ce qui est le cas ici)
Si leur équivaut à le ou à la, il est au singulier et s'écrit leur (masculin ou féminin).
Ils portaient un chapeau sur leur tête nue (sur la tête).
Si leur équivaut à les, il est au pluriel et s'écrit leurs (masculin ou féminin).
La joie brillait dans leurs yeux (dans les yeux).
Les déterminants leur et leurs ne peuvent jamais être remplacés par lui.

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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeLun 2 Juil 2012 - 23:24

J'pensais faire une critique d'Adams ou de Pratchett, positive, pour expliquer certains ressorts de leur humour absurde.

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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeJeu 25 Oct 2012 - 18:41

Salut, tous ; je passai, repassai, trépassai sur des vieux sujets lorsque j'ai revécu celui ci, tombé en décrépitude avant même de débuter. Je me demandais si vous souhaiteriez que je le reprenne, seul si nécessaire, pour au moins une nouvelle critique (positive), au plus tard postée demain ? Voilà, c'est tout, j'attends une ou deux réponses afin de voir ce qu'il en est. Ou non, en fait : j'ai déjà commencé, en éditant le titre (dîtes-le dix fois sans les voyelles) et en remaniant la première analyse, notamment la partie "Décortication".

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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeSam 27 Oct 2012 - 11:34

Bonjour le soir de nuit à tous, bienvenus pour ce numéro de Esquisse et exégèse, et sa critique positive N°1 ! Un, c'est également le chiffre de mes fans, de compliment que contient Le trône de fer envers les femmes, mais surtout le nombre de roman qu'à écrit Jean-Philippe Jaworski ; d'ailleurs, la coïncidence est magnifique, car le livre dont vient la critique est son... premier. Oui, bon... Nous remercions Lux Svartálfar pour sa participation.


Critique [positive] N°2 : Gagner la guerre ; J.P Jaworski.
Citation :
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnÀ peine le temps de me pencher au-dessus du bastingage : mon dernier repas, arrosé de piquette, a jailli hors de mes lèvres. Il a suivi une trajectoire fétide avant de se perdre dans l'écume et les vagues. Encore convulsé par les haut-le-cœurs, j'ai essuyé les filaments baveux qui me poissaient le menton. Deux toises plus bas, l'océan se soulevait et bouillonnait, cinglé en cadence par les longues rangées de rames.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnJe n'ai jamais aimé la mer.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnCroyez-moi, les paltoquets qui se gargarisent sur la beauté des flots, ils n'ont jamais posé le pied sur une galère. La mer, ça secoue comme une rosse mal débourrée, ça gifle et ça crache comme une catin acariâtre, ça se soulève et ça retombe comme un tombereau sur une ornière ; et c'est plus gras, c'est plus trouble et plus limoneux que le pot d'aisance de feu ma grand-maman. Beauté des horizons changeants et souffle du grand large ? Foutaise ! La mer, c'est votre cuite la plus calamiteuse, en pire et sans l'ivresse.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnJe n'ai jamais aimé la mer et ce n'était pas près de s'arranger. Tous les fiers-à-bras du château de poupe étaient en train de se payer ma tête. Les jeunes blancs-becs de l'aristocratie, les vieux enseignes des Phalanges, les quartiers-maîtres goguenards et le maître de manœuvre au cuir recuit, tous : jusqu'à ce crevard de héros, le patrice Bucefale Mastiggia ! Pas un qui aurait eu la correction d'aller voir ailleurs. J'avais l'impression que la moitié de l'équipage ricanait sur la délicatesse de mon estomac. Benvenuto Gesufal, assassin émérite de la guilde des Chuchoteurs, maître espion de son excellence le Podestat de la république, était en train de rendre tripes et boyaux à grands hoquets clapoteux : sûr que ça vous gondolait son loup de mer. Même ces deux petits morveux, les mousses, me montraient toutes leurs dents de lait.

1 : Décortication de la forme ; Adjectifs directs, répétitions, participes présents, verbes.
Citation :
À peine le temps de me pencher au-dessus du bastingage : mon dernier repas, arrosé de piquette, a jailli hors de mes lèvres. Il a suivi une trajectoire fétide avant de se perdre dans l'écume et les vagues. Encore convulsé par les haut-le-cœurs, j'ai essuyé les filaments baveux qui me poissaient le menton. Deux toises plus bas, l'océan se soulevait et bouillonnait, cinglé en cadence par les longues rangées de rames.
Je n'ai jamais aimé la mer.
Croyez-moi, les paltoquets qui se gargarisent sur la beauté des flots, ils n'ont jamais posé le pied sur une galère. La mer, ça secoue comme une rosse mal débourrée, ça gifle et ça crache comme une catin acariâtre, ça se soulève et ça retombe comme un tombereau sur une ornière ; et c'est plus gras, c'est plus trouble et plus limoneux que le pot d'aisance de feu ma grand-maman. Beauté des horizons changeants et souffle du grand large ? Foutaise ! La mer, c'est votre cuite la plus calamiteuse, en pire et sans l'ivresse.
Je n'ai jamais aimé la mer et ce n'était pas près de s'arranger. Tous les fiers-à-bras du château de poupe étaient en train de se payer ma tête. Les jeunes blancs-becs de l'aristocratie, les vieux enseignes des Phalanges, les quartiers-maîtres goguenards et le maître de manœuvre au cuir recuit, tous : jusqu'à ce crevard de héros, le patrice Bucefale Mastiggia ! Pas un qui aurait eu la correction d'aller voir ailleurs. J'avais l'impression que la moitié de l'équipage ricanait sur la délicatesse de mon estomac. Benvenuto Gesufal, assassin émérite de la guilde des Chuchoteurs, maître espion de son excellence le Podestat de la république, était en train de rendre tripes et boyaux à grands hoquets clapoteux : sûr que ça vous gondolait son loup de mer. Même ces deux petits morveux, les mousses, me montraient toutes leurs dents de lait.
21 adjectifs, 27 répétitions, 1 participe présent, 33 verbes : 82 mots sur 313 ; 26 % du texte.
Ce que l'on remarque en premier lieu, c'est que le résultat que la décortication donne un nombre final quasi identique à celui de la précédente critique. Plusieurs choses se défendent, néanmoins, pour cet extrait ci. D'abord, on peut souligner les quinze adjectifs directs de moins, non négligeable, et que Jaworski lui non plus ne porte pas les participes présents dans son cœur. Ensuite, les mots "mer", "plus" et "comme", sont des répétitions voulues, ou alors entrainées par les métaphores. Restent les verbes, peut-être moins justifiables ; cependant, si le texte venant de Brisingr ne comportaient presque que des verbes conjugués (passé simple et imparfait), ici, il y a une meilleure diversité (infinitif, passé composé et présent).


2 : Descriptions, informations et sous-entendus.
Citation :
À peine le temps de me pencher au-dessus du bastingage : mon dernier repas, arrosé de piquette, a jailli hors de mes lèvres.
Première phrase, première information : le lieu où se déroule la scène. Le mot "bastingage" se rapporte aux navires, donc le personnage de point de vue, pour l'instant "je", est sur un bateau. Notons que l'auteur ne se contente pas d'écrire "Je suis sur un bateau", il lui suffit d'un seul mot, d'un élément reconnaissable afin que nous fassions la liaison, et que nous nous disions "Il est sur un bateau". Ainsi, Jaworski peut librement orienter sa phrase vers un autre intérêt, l'action immédiate, en l’occurrence. Et quelle action ! La première image du roman que l'on a devant les yeux est un repas vomi depuis le pont d'un bateau. Inconsciemment, l'on s'aperçoit que l'auteur n'a pas peur de nous dégoûter, et que son récit ne se passera pas au pays des bisounours.
Citation :
Encore convulsé par les haut-le-cœurs [...]
"Convulsé, masculin familier : le personnage de point de vue est un homme.
Citation :
Deux toises plus bas, l'océan se soulevait et bouillonnait, cinglé en cadence par les longues rangées de rames
"Deux toises (quatre mètres) plus bas" et "les longues rangées de rames" confirment que le navire est grand, haut, puissant. Cela indique aussi qu'il navigue, donc pas à quai. "Toise", une mesure ancienne, suppose pour la première fois l'époque du récit.
Citation :
Je n'ai jamais aimé la mer.
Cette phrase, en plus de dissimuler une pointe d'humour, aide à comprendre son malaise, un mal de mer, non une maladie ou une indigestion. Bien entendu, on s'en doutait, on en était même presque certain, mais l'allusion est si légère que cette précision facultative passe inaperçue.
Citation :
Croyez-moi, les paltoquets qui se gargarisent
Si le lecteur pouvait encore hésiter - courant/soutenu ; soutenu ? -, là, il n'y a plus aucun doute.
Citation :
ils n'ont jamais posé le pied sur une galère.
L'auteur précise le type du bateau, qui s'accorde avec les approximations de tout à l'heure, "grand-haut-puissant", et ce toujours sous couvert d'une phrase avec une autre ambition, un autre motif ; ce n'est pas dire "Je suis sur une galère" pour le dire ainsi, c'est "Je suis sur une galère" écrite à l'intérieur d'une autre phrase.
Citation :
ça gifle et ça crache comme une catin acariâtre [...]
Nouvelle info sur le personnage, "je" est du genre à fréquenter les bordels, peut-être même régulièrement pour y penser de façon toute naturelle comme métaphore.
Citation :
et c'est plus gras, c'est plus trouble et plus limoneux que le pot d'aisance de feu ma grand-maman.
Une nouvelle fois, l'auteur n'a pas peur de notre dégoût en invoquant un gros paquet de merde, car contrairement à moi, la formule est si bien tournée, dans un langage soutenu si posé que cette image ne nous rebute que juste ce qu'il faut. On apprend égalment que le personnage n'est pas du genre à épargner la mémoire de sa pauvre mémé pour une simple comparaison.
Citation :
La mer, c'est votre cuite la plus calamiteuse, en pire et sans l'ivresse.
Après les bordels, les tavernes ? Il a l'air de savoir de quoi il parle, et présente l'ivresse comme une chose bénéfique.
Citation :
les vieux enseignes des Phalanges [...]
Le mot "Phalange" est un terme militaire, il désigne un groupe d'armée. Entre les énumérations des différents postes et grades des personnages présents, l'on peut supposer que "je" est sur un navire de guerre.
Citation :
jusqu'à ce crevard de héros, le patrice Bucefale Mastiggia !
"Je" serait donc un anti-héros, confirmant les détails lâchés au gré des phrases. Nous avons aussi droit au premier nom propre (et complet) du récit ; un nom qui de prime abord posséderait une musicalité italienne.
Citation :
Benvenuto Gesufal, assassin émérite de la guilde des Chuchoteurs, maître espion de son excellence le Podestat de la république [...]
À moins prendre cinq minutes pour une recherche approfondie, nous ne pouvons pas savoir le nombre d'information que cette phrase contient. D'abord, nous apprenons son nom, d'une manière somme toute assez classique dans un texte à la première personne, mais meilleure que d'annoncer ledit nom de la bouche d'un protagoniste. C'est un assassin, apparemment doué puisque émérite (ou est-ce un menteur, un vantard ? Ce que nous savons de lui ne le contredit pas), c'est aussi un maître espion (un espion sait très bien mentir), et l'espion d'un "Podestat", à la base, politique italien ; ces deux points pourraient notamment expliquer sa présence sur un navire de guerre. De plus l'assassinat explique comment il peut dénoncer les coliques de sa grand-mère sans éprouver le moindre remord... Bref, en grattant un peu la surface, on remarque à nouveau la musicalité italienne dans son nom, on remarque le mot "république". On ne sait même pas si l'histoire se passe sur Terre ou dans un autre univers, (la réponse vient dans le paragraphe suivant), pourtant, nous savons déjà que leur gouvernement est une république (et moi, République -> Gladiator -> Rome -> Italie, mais osef). Puis, au fin fond de l'esprit apparait ceci : Pourquoi un mec aussi rustre, familier, parle-t-il aussi élégamment. La réponse est déjà là : "maître espion de son excellence le Podestat", soit par définition d'un protagoniste politique très puissant. Benvenuto est par conséquent un homme de valeur, qui vit depuis un temps incertain au milieu des intrigues, des discours complexes, verbeux, mielleux, et des sous-entendus. Tout ça en une demi-phrase, 19 mots ; et l'auteur se permet de garder sa fin comme action passive.
Citation :
Même ces deux petits morveux, les mousses, me montraient toutes leurs dents de lait.
Fréquent, ni Benvenuto, ni l'équipage n'ont l'air affectés par la santé/sauvegarde des enfants.

Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnVoilà ce que nous pouvons assimiler en trois paragraphes, 300 mots, une page. Benvenuto Gesufal, homme, assassin membre d'une guilde, espion auprès d'un politique, se trouve sur une galère de guerre, ou protégée par des soldats, avec un affreux mal de mer. Il fréquente bordel et taverne, n'a pas l'air d'aimer les héros, et n'est ni un garçon sage, ni un homme très sensible. Son langage est principalement soutenu ; ses idées, quand elles ne sont pas à visée humoristique, paraissent pour la plupart d'un style familier. Il est à l'aise autant avec les métaphores qu'avec les insultes. Autour, la scène se déroule sur un bateau, sur l'océan ou la mer. Les nombreux personnages secondaires ont l'air décontractés, rient de la situation.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnCeci nous l'apprenons dans un texte qui ne comporte que cinq phrase de description pure, sans véritable genre d'action. En une page, nous connaissons les grandes lignes du caractère du personnage de point de vue. Dans le même temps, nous sommes passé par une régurgitation, un bloc massif de comparaison contre la mer, les problèmes fécaux d'une morte, et les railleries silencieuse d'un équipage ; sans avoir dérivé du fil logique des pensées du personnage, en interrompant une seul fois l'action du récit, pour la longue métaphore.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnEn deux minutes, appréciées ou non, nous en avons enregistré dix.


Youkaïdi youkaida, c'est terminé pour aujourd'hui ! Je vous dis au revoir, et vous souhaite une joyeuse semaine, en espérant pouvoir vous offrir de nombreuses autres émissions. Et n'oubliez pas : Après les conseils, les avis, les descentes, seul votre choix compte !

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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeLun 29 Oct 2012 - 23:09

Bonsoir à tous, et bienvenus dans ce 3ème numéro de Esquisse et exégèse ! Trois, comme le pourcentage de gens qui connaissent la signification de exégèse, comme le centuple du pourcentage de place que prend l'écriture sur Internet, mais ce n'est surtout aucunement le nombre de roman qu'a écris l'auteur de la présente critique. Devrions mentionner une certaine Lineth Ignotus pour la remercier ? Bien entendu !


Critique [négative] N°3 : Le feu de la Sor'cière - Saga "Les bannis et les proscrits" ; James Clemens.
Citation :
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnEn cette nuit d'hiver glaciale, les tambours troublaient le calme de la vallée dont la neige soulignait les contours d'un trait de pinceau argenté. Un faucon, furieux de voir son repos ainsi perturbé, poussa un cri strident.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnDans sa chambre au troisième étage de l'auberge, Er'ril s'appuya des deux poings sur le rebord effrité de la fenêtre et avança la tête pour regarder au dehors. Les feux des hommes qui suivaient toujours la voie de l'Ordre piquetaient le fond de la vallée. Si peu de bivouacs..., songea-t-il, en regardant les ombres noires s'affairer dans la maigre lumière. Les soldats étaient en train de prendre les armes. Eux aussi connaissaient la signification des tambours.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnLa brise nocturne apportait à Er'ril des bribes d'ordres et une odeur d'armures huilées. La fumée des feux s'élevaient doucement, emmenant la prière des hommes qui campaient en contrebas.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnEt, à la lisière de la vallée, se massaient des ténèbres qui dévoraient les étoiles.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnLe faucon cria de nouveau. Er'ril pinça les lèvres.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jn– Silence, petit chasseur, chuchota-t-il. D'ici à l'aube, vous vous remplirez la panse, toi et les autres charognards. Pour l'instant, laisse-moi tranquille.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnDerrière lui, le mage Greshym lança :
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jn– Ils tiennent les hauteurs. Crois-tu vraiment que nous ayons la moindre chance ?
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnEr'ril ferma les yeux. Une brusque nausée lui noua les entrailles, et son menton s'affaissa sur sa poitrine.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jn– Laissons-lui encore un peu de temps, monsieur. Il trouvera peut-être une brèche dans leurs lignes.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jn– Mais les Carnassires se massent à l'entrée de la vallée. Écoute les tambours ! Les Légions Noires sont en marche.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnAvec un soupir, Er'ril pivota vers Greshym et s'assit sur l'appui de la fenêtre. Il détailla le vieil homme. Sa robe rouge loqueteuse pendouillait sur son corps maigre. Quelques rares mèches de cheveux ondulaient autour de ses oreilles tandis qu'il faisait les cent pas devant l'âtre, le dos courbé et les yeux rougis par la fumée du feu mourant.

1 : Décortication de la forme ; Adjectifs directs, répétitions, participes présents, verbes.
Citation :
En cette nuit d'hiver glaciale, les tambours troublaient le calme de la vallée dont la neige soulignait les contours d'un trait de pinceau argenté. Un faucon, furieux de voir son repos ainsi perturbé, poussa un cri strident.
Dans sa chambre au troisième étage de l'auberge, Er'ril s'appuya des deux poings sur le rebord effrité de la fenêtre et avança la tête pour regarder au dehors. Les feux des hommes qui suivaient toujours la voie de l'Ordre piquetaient le fond de la vallée. Si peu de bivouacs..., songea-t-il, en regardant les ombres noires s'affairer dans la maigre lumière. Les soldats étaient en train de prendre les armes. Eux aussi connaissaient la signification des tambours.
La brise nocturne apportait à Er'ril des bribes d'ordres et une odeur d'armures huilées. La fumée des feux s'élevaient doucement, emmenant la prière des hommes qui campaient en contrebas.
Et, à la lisière de la vallée, se massaient des ténèbres qui dévoraient les étoiles.
Le faucon cria de nouveau. Er'ril pinça les lèvres.
– Silence, petit chasseur, chuchota-t-il. D'ici à l'aube, vous vous remplirez la panse, toi et les autres charognards. Pour l'instant, laisse-moi tranquille.
Derrière lui, le mage Greshym lança :
– Ils tiennent les hauteurs. Crois-tu vraiment que nous ayons la moindre chance ?
Er'ril ferma les yeux. Une brusque nausée lui noua les entrailles, et son menton s'affaissa sur sa poitrine.
Laissons-lui encore un peu de temps, monsieur. Il trouvera peut-être une brèche dans leurs lignes.
– Mais les Carnassires se massent à l'entrée de la vallée. Écoute les tambours ! Les Légions Noires sont en marche.
Avec un soupir, Er'ril pivota vers Greshym et s'assit sur l'appui de la fenêtre. Il détailla le vieil homme. Sa robe rouge loqueteuse pendouillait sur son corps maigre. Quelques rares mèches de cheveux ondulaient autour de ses oreilles tandis qu'il faisait les cent pas devant l'âtre, le dos courbé et les yeux rougis par la fumée du feu mourant.
24 adjectifs , 26 répétitions, 3 participes présents, 41 verbes : 94 mots sur 324 ; 29 % du texte.
Si le nombre d'adjectifs directs est correct (toujours dépourvu des exemple tels que "de la vallée" ou "d'un trait de"), et que l'on peut respecter le peu de participes présents, le reste est moins plaisant. Les répétitions, toutes sur des mots plutôt spécifiques, rendent quelque peu l'ensemble amateur ou mal peaufiné. Quant aux verbes, 29 passés simples et imparfaits, dont la plupart sont utilisés pour des actions, immédiates ou passives, ils enlèvent au naturel de la narration. L'on doit aussi prendre en compte le passage dialogué, croisé avec des phrases courtes, qui aide à réduire le nombre de mots sélectionnés par la décortication ; heureusement d'ailleurs.


2 : Erreurs, incertitudes et incohérences.
Citation :
En cette nuit d'hiver glaciale
"Glaciale", féminin, faisant référence à la nuit, devrait donc être auprès d'elle plutôt que du mot "hiver".
Citation :
[...] la vallée dont la neige soulignait les contours d'un trait de pinceau argenté
Alors, d'abord, que le pinceau de la métaphore soit argenté ne change rien à la couleur de la neige, il faudrait que la peinture soit argentée, et ensuite, depuis quand la neige est argentée ? Après, ce serait le trait de pinceau qui soulignerait les contours de la vallée, pas la neige elle-même ; à part si l'on remplace "d'un" par "comme" pour que cela ait un véritable sens. En plus, d'après cette phrase, la neige serait un contour, donc ne tapisserait pas la vallée mais ne formerait qu'une fine ligne aux frontières, juste irréaliste. Irréaliste ? Pas pour des lecteurs de Fantasy, habitués aux choses étranges ou impossibles ; donc, dès la première phrase du récit, l'on se demande si la neige est vraiment argentée, et si elle peut vraiment être une fine ligne (pire, on pourrait l'accepter, l'intégrer, alors que c'est totalement faux). Bref, les semblants de poésies alambiquées sont à éviter au début d'un roman, jusqu'à ce que l'on puisse les maîtriser.
Citation :
En cette nuit d'hiver glaciale, les tambours troublaient le calme de la vallée dont la neige soulignait les contours d'un trait de pinceau argenté.
La phrase est peut-être un poil trop longue, auquel cas il manque une virgule avant "dont".
Citation :
Un faucon, furieux de voir son repos ainsi perturbé, poussa un cri strident.
Le faucon étant réveillé par des tambours, il ne peut pas voir son repos perturbé. En fait, c'est idiot, on ne peut de toute façon pas voir son repos.
Citation :
Dans sa chambre [Virgule ?] au troisième étage de l'auberge
Citation :
Er'ril s'appuya des deux poings sur le rebord effrité de la fenêtre et avança la tête pour regarder au dehors.
Outre que la position me fait penser à celle d'un gorille, la formule "avança la tête" est étrange. Au contraire de "Il s'avança", "Il se pencha", cela tend à dire que la tête seule avance.
Citation :
Les feux des hommes qui suivaient toujours la voie de l'Ordre
Ils n'ont pas un nom particulier, ces hommes ? Ça raccourcirait ce bout de phrase maladroit. D'autant qu'elle ne nous indique absolument rien sur leurs allégeances, sont-ils méchants, gentils, alliés, neutres ? Inconsciemment, cela pèse.
Citation :
[...] en regardant les ombres noires s'affairer dans la maigre lumière
Au dehors, la nuit, les ombres sont bien souvent noires. Autrement, la lumière est le feu de camp, les ombres sont les hommes ; ils s'affairent dans la lumière ?! Autour serait plus plausible.
Citation :
La brise nocturne apportait à Er'ril des bribes d'ordres et une odeur d'armures huilées
Deux choses ici également ; nous savons déjà qu'il fait nuit, préciser que la brise est nocturne est inutile ; je ne suis pas certaine que le vent puisse apporter l'odeur de l'huile au troisième étage d'une auberge, assez éloignée du campement, sauf s'ils l'ont mis à chauffer, ce qui m'étonnerait...
Citation :
La fumée des feux s'élevaient doucement, emmenant la prière des hommes qui campaient en contrebas.
Pareil pour cette allégorie, est-ce que les prières s'élèvent vers les cieux pour de vrai ? Y a-t-il un dieu Messenger qui capte les pensées arrivées par signaux de fumée ? En s'avançant un peu dans le récit, on comprend que non, donc ces questions sont des poids qui ne servent à rien. Sinon, "emmener" est plutôt réserver à des personnes : emporter serait plus correct.
Citation :
Eux aussi connaissaient la signification des tambours [...] La brise nocturne apportait à Er'ril
Le paragraphe précédent décrit le campement des soldats, le paragraphe suivant décrit la même chose, en plus précis. Il n'y avait donc aucune raison de les séparer en deux.
Citation :
– Silence, petit chasseur, chuchota-t-il. D'ici à l'aube, vous vous remplirez la panse, toi et les autres charognards. Pour l'instant, laisse-moi tranquille.
Parler tout seul, lorsque l'on est sain d'esprit, se limite à quelques injures, des ordres, des questions confuses. Là, le personnage peut simplement passer pour fou, vieux, radoteur.
Citation :
Une brusque nausée lui noua les entrailles, et son menton s'affaissa sur sa poitrine.
En chipotant, une nausée est une envie de vomir, qui reste plutôt coincé en haut de l'estomac ou dans la gorge. Ensuite, tout comme la tête qui avance, ce n'est pas le menton qui s'affaisse seul, mais Er'ril qui affaisse son menton.
Citation :
Les Légions Noires sont en marche.
Légion Noire des ténèbres de la mort immortelle. À force, cela devient redondant.
Citation :
Il détailla le vieil homme.
Pourquoi ? Ne le connais-t-il pas, ne l'a-t-il jamais vu ?
Citation :
Quelques rares mèches de cheveux ondulaient autour de ses oreilles
Une mèche est un ensemble de cheveux séparés des autres, par conséquent, j'ai du mal à imaginer plusieurs mèches autour de l'oreille. Le "quelques rares mèches de cheveux" d'un vieillard ne s'accorde pas avec le verbe poétique et lénifiant qu'est "onduler".


3 : Réécriture du texte (Proposition).
Citation :
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnEn cette nuit glaciale, les tambours troublaient le calme de la vallée parsemée de neige. Un faucon, furieux que son repos soit ainsi perturbé, poussa un cri strident.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnDans sa chambre, au troisième étage de l'auberge, Er'ril s'appuya sur le rebord effrité de la fenêtre et se pencha pour regarder au dehors. Les feux de leurs alliés piquetaient le fond de la vallée. Si peu de bivouacs..., songea-t-il, en regardant les ombres s'affairer autour de la maigre lumière. Les soldats étaient en train de prendre les armes. Eux aussi connaissaient la signification des tambours. La brise apportait à Er'ril des bribes d'ordres et une odeur d'huile brulée. La fumée des foyers s'élevaient doucement, emportant avec elle la prière des hommes qui campaient en contrebas. Et là, à la lisière du val, se massaient des ténèbres qui dévoraient les étoiles.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnLe faucon cria de nouveau. Er'ril se pinça les lèvres. « Silence, petit chasseur, chuchota-t-il. D'ici à l'aube, vous vous remplirez la panse, toi et les autres charognards. Pour l'instant, laisse-moi tranquille. » Derrière lui, le mage Greshym lança :
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jn– Ils tiennent les hauteurs. Crois-tu vraiment que nous ayons la moindre chance ?
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnEr'ril ferma les yeux. Une brusque nausée lui noua l'estomac, et il affaissa son menton jusqu'à sa poitrine.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jn– Laissons-lui encore un peu de temps, monsieur. Il trouvera peut-être une brèche dans leurs lignes.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jn– Mais les Carnassires se massent à l'entrée de la vallée. Écoute les tambours ! Les Légions Noires sont en marche.
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnAvec un soupir, Er'ril pivota vers Greshym et s'assit sur l'appui de la fenêtre. La robe loqueteuse du vieil homme pendouillait sur son corps maigre et ses derniers cheveux voletaient autour de ses oreilles tandis qu'il faisait les cent pas devant l'âtre, le dos courbé, les yeux rougis par la fumée du feu mourant.

C'est terminé pour aujourd'hui ! Je vous dis au revoir, et vous souhaite une joyeuse semaine, en espérant pouvoir vous offrir de nombreuses autres émissions. Et n'oubliez pas : Après les conseils, les avis, les descentes, seul votre choix compte !

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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeJeu 13 Déc 2012 - 11:44

Soute à talus ! Aujourd'hui, récipiendaire du quatrième numéro de Esquisse et exégèse, est particulièrement particulier, puisque nous allons subir un changement de direction. Ainsi, plusieurs choses, entres autres le format, vous apparaîtront modifiées dès notre prochaine émission ; mais n'ayez crainte, la qualité sera toujours au beau fixe, car comme vous le savez, ce sont vos propres critiques que nous nous contentons de lancer : eh oui, nous, nous ne servons à rien !... Enfin, nous remercions du fond du trou l'ardente neige Miyuki Bakeneko !


Critique [positive] N°4 : La Horde du contrevent ; Alain Damasio.
Citation :
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jn) À la cinquième salve, l'onde de choc fractura le fémur d'enceinte et le vent sabla cru à travers les jointures béantes du granit. Sous mon casque, le son atroce du roc poncé perce, mes dents vibrent – je plie contre Pietro, des aiguilles de quartz crissent sur mon masque de contre. À terre, dans la ruelle qui nous couvre, deux vieillards tardifs qui clouaient un volet ont été criblés ; plus loin au carrefour, je cherche en vain la poignée de mômes qui crânaient en braillant des défis que personne, pas même nous, ne peut à cette puissance, et à cette viscosité d'air, relever. Toute la Horde est à présent plaquée contre la face ouest d'une bâtisse qui nous a paru moins pitoyablement jointoyée que les autres, à attendre le ressac, la courte pause dans l'accélération, qui nous permettra de contrer dans le dédale des rues jusqu'aux fortifications, puis au-delà, si l'on sort. Si l'on se décide – finalement – à sortir. Des dômes les plus hauts, du métal tordu crie dans les accalmies, une éolienne grince, hoquette – elle repart... Se bloque. Les pâles crépitent sous la grenaille. Une rafale encore – et le bruit se fond dans le rugissement saturé. À ma gauche, un chat oblong se cale, ébouriffé, dans une encoignure trop étroite pour lui, et volent les jouets cassés, des calebasses, des bancs qui raclent et des tuiles de terre cuite arrachées et jetées comme à la main à trois mètres de nous. Il n'y a plus de doute maintenant, pour personne : le furvent arrive. Il sera là dans l'heure. Il s'annonce, comme toujours, en quintet. Et il ne laissera rien ici, dans ce bled qui ne figurait sur aucun carnet de contre, tant son plan carré, ses rues axiales et son architecture en pisé auraient fait hurler une Oroshi de huit ans.

1 : Décortication de la forme ; Adjectifs directs, répétitions, participes présents, verbes.
Citation :
Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jn) À la cinquième salve, l'onde de choc fractura le fémur d'enceinte et le vent sabla cru à travers les jointures béantes du granit. Sous mon casque, le son atroce du roc poncé perce, mes dents vibrent – je plie contre Pietro, des aiguilles de quartz crissent sur mon masque de contre. À terre, dans la ruelle qui nous couvre, deux vieillards tardifs qui clouaient un volet ont été criblés ; plus loin au carrefour, je cherche en vain la poignée de mômes qui crânaient en braillant des défis que personne, pas même nous, ne peut à cette puissance, et à cette viscosité d'air, relever. Toute la Horde est à présent plaquée contre la face ouest d'une bâtisse qui nous a paru moins pitoyablement jointoyée que les autres, à attendre le ressac, la courte pause dans l'accélération, qui nous permettra de contrer dans le dédale des rues jusqu'aux fortifications, puis au-delà, si l'on sort. Si l'on se décide – finalement – à sortir. Des dômes les plus hauts, du métal tordu crie dans les accalmies, une éolienne grince, hoquette – elle repart... Se bloque. Les pâles crépitent sous la grenaille. Une rafale encore – et le bruit se fond dans le rugissement saturé. À ma gauche, un chat oblong se cale, ébouriffé, dans une encoignure trop étroite pour lui, et volent les jouets cassés, des calebasses, des bancs qui raclent et des tuiles de terre cuite arrachées et jetées comme à la main à trois mètres de nous. Il n'y a plus de doute maintenant, pour personne : le furvent arrive. Il sera là dans l'heure. Il s'annonce, comme toujours, en quintet. Et il ne laissera rien ici, dans ce bled qui ne figurait sur aucun carnet de contre, tant son plan carré, ses rues axiales et son architecture en pisé auraient fait hurler une Oroshi de huit ans.
23 adjectifs, 13 répétitions, 1 participe présent, 39 verbes : 76 mots sur 303 ; 25 % du texte.
Toujours très peu de participes présent (un, quoi), mais comment font-ils ; le nombre d'adjectifs est correct, d'autant qu'ils sont pour la plupart courts et intégrés. Dans les répétitions (toujours dénuées des 'qui' 'dans' 'et'...), le mot qui revient le plus souvent est "contre", ce qui est une remarque plutôt normale dans un roman intitulé La horde du contrevent. Quant aux verbes, c'est un florilège : Passé simple, présent, imparfait, passé composé, futur, indicatif, et conditionnel ! Étrange, d'ailleurs, non ? Voyons.


2 : Descriptions, informations et sons.
Citation :
) À la cinquième salve, l'onde de choc fractura le fémur d'enceinte
Quelle entame ! Sous une lecture rapide, m'est avis que la plupart des lecteurs sont déjà perdus. Le fémur d'enceinte ? Y a un os (rire). Ce serait plutôt le mur ; mais tak, nos yeux retombent sur le verbe "fractura". Une fracture du fémur, rien que ça. La première réaction sera perplexe, sacrifier la première phrase de son récit pour un jeu de mot ? En fait, l'auteur n'a rien sacrifié du tout, au contraire, nous savons maintenant qu'il y a un mur d'enceinte, nous avons passé dessus un temps supérieur à la moyenne, et nous ne l'oublierons pas, parce que ce jeu de mot rend cette phrase tout à fait spéciale. Autrement, qu'est-ce c'est ça ) ? C'est le signe distinctif de chaque narration, chaque membre de la Horde ; listé au début du livre (et sur un joli marque-page). Ajoutez cela à la numérotation inversée des pages et vous obtenez, d'ores et déjà, un OLNI. Nous sommes prévenus.
Citation :
le vent sabla cru à travers les jointures béantes du granit
Avant, lorsque je voulais dire que le sable traverse les jointures sous l'effet du vent, je disais "le sable traverse les jointures sous l'effet du vent" ; mais ça, c'était avant. Ici, le sable n'est pas l'élément principal de la description (alors que c'est l'image du sable qui nous vient spontanément à l'esprit), c'est le vent - le vent, sans doute responsable de "la salve" et de "l'onde de choc" laissés en suspens - ; le sable, lui, est devenu un verbe !
Citation :
le son atroce du roc poncé perce
Voici un exemple de ce qui sera commun dans ce livre, la claque, le schlak, l'instantané. Déroutés, tourbillonnés puis emportés. Le son, le poncé, le roc dans l'atroce, le poncé et le perce, le sss- et le sss-ce. Cela sonne, détonne, chante semblable, magnifique. Sinon, l'on aperçoit du coin de l’œil l'utilisation du présent, alors que le texte était au passé simple jusqu'à présent. Il y a une explication toute simple : à l'oral, "j'étais en train de courir, ils me poursuivaient, je suis tombé", il y a et de l'imparfait - temps du passé -, et du passé composé - temps du présent. Là, c'est un oral écris, Damasio utilise alors le passé simple au lieu de l'imparfait.
Citation :
je plie contre Pietro
Son camarade, quel qu'il soit, est vraisemblablement un homme. Pourquoi ? Je ne sais pas. On devine, c'est tout, souvent juste, puis trouvez un nom féminin qui termine par O.
Citation :
deux vieillards tardifs qui clouaient un volet ont été criblés [...] je cherche en vain la poignée de mômes qui crânaient en braillant des défis
Vieillards, enfants, l'auteur prévient, il n'hésitera pas à forcer les points sensibles. Notons également que le personnage, pourtant, possède une certaine compassion, il n'annonce pas directement que les enfants sont morts, il ne relève que l'évidence ; à nous de faire le constat, morts ou pas ?
Citation :
à attendre le ressac
Dans ce roman de contrevent, nous avons déjà eu des salves, une onde de choc, un vent qui sable, un vent qui tue, une viscosité d'air, nous avons maintenant l'aspect figuré, 'poétique', avec le ressac. L'ennemi de cette Horde, puisque contre-vent, est au maximum mis en scène.
Citation :
dans le dédale des rues jusqu'aux fortifications
Les fortifications renvoient, immédiat, au fémur d'enceinte, c'est imprimé.
Citation :
du métal tordu crie dans les accalmies, une éolienne grince, hoquette – elle repart... Se bloque.
"crie" rime avec "accalmies", n'est-ce pas ? Pourtant, ce n'est pas quelque chose de fouillé, c'est la préférence naturelle entre plusieurs mots possibles, entre accalmie, le "courte pause" d'un peu plus haut, le calme ; il y avait aussi le répit, le sursis, même l'éclaircie : toute une liste de mot où l'on prendra le premier ou le plus clair ou notre préféré, mais toujours rimant, sans forcer. Ensuite, haaa, il y a l'éolienne. Avez-vous remarqué que l'éolienne arrêtait de glisser lorsque qu'elle avait un problème ? Regardez : grince ('ce', son sifflant), hoquette (O-Ke - 'te' son tombant), repart ('re', son roulant), bloque (O-Ke² - 'que', son tombant). C'est magique...
Citation :
Une rafale encore – et le bruit se fond dans le rugissement saturé.
Autre omniprésence de l'instantané, cette utilisation fréquente des tirets, ils connectent, ici la rafale à son bruit, ils énoncent aussi tout ce qui ce passe tout de suite, à l'instant, sans avoir à séparer en deux phrases. Un peu comme le point-virgule, préféré par plus d'auteurs, dont un certain amateur elfique feignasse des bois dont je tairais bien évidement le nom.
Citation :
et volent les jouets cassés, des calebasses, des bancs qui raclent et des tuiles de terre cuite
Casser des cailloux à Cayenne... Hein ? S'cusez.
Citation :
le furvent arrive
Alors, qu'est-ce le furvent, les enfants ? On ne sait pas, mais on le sait. Nous avons vu tout à l'heure les nombreuses appellations du vent, ici nous avons un fur-vent. C'est un vent fur... Furieux, furibond ? En tout cas, c'est du mastard pour détruire un mur et tuer des gens. Voilà, on ne sait pas tant que pas défini, mais on sait déjà.
Citation :
Il s'annonce, comme toujours, en quintet.
En quintet ? Ah, oui, les cinq salves de la première phrase. Un peu tiré laborieux, comme description ? Pas tant que ça, je dirais. Écoutons plutôt, le vent chante. Et m'enchante...

Esquisse et exégèse N°4 Sanstitre1jnEt alors, quels flashs, quelles images ! Nous imaginons, images innées ou non, en moins d'une page, la plus détaillée des tempêtes. Les vieux meurent, les volets volettent et claquent, clac !, les murs se fissurent, et volent, comme il dit, les chats, les jouets, les calebasses - c'est quoi une calebasse ? Je sais pas et je m'en fous, le vent est trop fort pour sortir ! -, les tuiles ; tous ça grince, crisse, siffle le vent furieux ! Une bâtisse de bled pourri pour seule protection, la Horde tient, niaque, plaquée, et nous sommes déjà avec elle, avec qui ? Je sais pas pas, ferme-là et contre. Le plus beau ? Le pire arrive, détruira tout ; nous ? Peut-être bien.


Derbidil, derbelen ; c'est terminé pour aujourd'hui ! Je vous dis au revoir, et vous souhaite une joyeuse semaine, en espérant pouvoir vous offrir de nombreuses autres émissions. Et n'oubliez pas : Après les conseils, les avis, les descentes, seul votre choix compte !

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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitimeVen 21 Déc 2012 - 17:41

Superbe série d'articles, vraiment. J'adore lire cette chronique, même si je ne participe pas beaucoup sur le forum.
Et puis, grâce à vous, j'ai découvert la Horde du Contrevent, alors un grand merci.
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MessageSujet: Re: Esquisse et exégèse N°4   Esquisse et exégèse N°4 Icon_minitime

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