Atelier d'écriture
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.

Atelier d'écriture

Communauté d'écrivains en herbe
 
AccueilRechercherS'enregistrerConnexion
Le Deal du moment : -14%
Apple MacBook Air (2020) 13,3″ au meilleur prix
Voir le deal
974 €

 

 Les faux fuyants (Françoise Sagan)

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
Anonymous



Les faux fuyants (Françoise Sagan) Empty
MessageSujet: Les faux fuyants (Françoise Sagan)   Les faux fuyants (Françoise Sagan) Icon_minitimeMar 21 Avr 2009 - 18:44

Françoise Sagan

Vrai nom : Françoise Quoirez
Nationalité : française
Naissance : 21 Juin 1935 à Cajarc
Mort le : 24 September 2004

Métier : écrivain

L'insouciance est le seul sentiment qui puisse inspirer notre vie et ne pas disposer d'arguments pour se défendre. ”

Françoise Quoirez dite Sagan (pseudonyme choisi dans l’œuvre de Proust) est née dans une famille de la grande bourgeoisie. Elle vit une enfance épargnée par les pénuries de la Seconde Guerre mondiale.

Elle est engagée en 1954 par le magazine Elle pour effectuer des reportages de voyage en Italie, écrit à l'âge de dix-sept ans Bonjour tristesse, ouvrage traitant du désir sexuel d'un point de vue féminin, qui séduit le public et la critique et suscite la polémique. Françoise Sagan adopte par la suite un style de vie des plus décalés. Ses œuvres s'en inspirent et mettent en exergue l'ennui et la fuite dans l'alcool. Elle incarne une insolence et une fraîcheur qui ne pouvaient que choquer les étouffantes années 50.
Ses thèmes favoris : la vie facile, les voitures rapides, les villas bourgeoises, le soleil, un mélange de cynisme, de sensualité, d'indifférence et d'oisiveté. Elle a souvent été associée à la Nouvelle Vague.

Tentée par la scène, elle s'essaie à quelques pièces de théâtre : Château en Suède, La Robe mauve de Valentine, L'Excès contraire...

Malgré le succès de ses œuvres, elle n'a jamais reçu aucun prix littéraire important. Françoise Sagan était avant tout un être vrai et libre. Elle restera dans l'histoire comme un personnage de roman, sans doute plus important que ses livres, un mythe dont la notoriété dépasse les frontières ; le totem d'une époque faite de liberté et d'insouciance.

Résumé du livre:
Les faux-fuyants est un livre particulier dans l'œuvre de Françoise Sagan. Elle y exploite la comédie pour donner plus d'ampleur à son propos. Sagan nous décrit l'histoire de quatre individus, qui pris dans la tourmente de la débâcle française face aux armés du Reich, se trouvent être sur les routes de l'exode. Après qu'un avion allemand ait piqué, mitraillettes au devant, sur les réfugiés, nos quatre personnages perdent leur moyen de locomotion et le chauffeur qui les accompagnait. Ils sont donc livrés à eux-mêmes et compte tenu de leur position sociale, se sentent forts démunis devant l'inconfort, un état qu'ils n'ont jamais connu durant leur existence. En effet, ces héros sont des gens de la haute-société, ou tout du moins s'évertuent-ils à le démontrer, bien plus habitués à baigner dans de luxueux salons qu'à naviguer dans la campagne profonde. Le sort, compatissant, les amène sur le chemin emprunté par un paysan, qui sans se poser de questions se propose de les héberger le temps nécessaire pour qu'ils puissent disposer d'un moyen de transport. On imagine alors la cocasserie de la situation, lorsque des individus profondément empreints de snobisme sont contraints de côtoyer la rusticité de la ferme et le labeur du paysan. Françoise Sagan emploie une ficelle classique du genre comique, en enfermant ses personnages dans un environnement avec lequel ils n'ont rien en commun et dont ils ne soupçonnaient peut-être même pas l'existence. La première partie du roman, si je puis me permettre une décomposition toute personnelle, fait état de ce choc des cultures et de l'incompréhension qui en découle. Les parties, soit d'un côté les fermiers représentés par le sauveur et sa mère, de l'autre nos quatre héros malgé eux, s'observent, se refusent, puis s'interrogent. Déroulement conventionnel de l'action face à une situation peu ordinaire dont il n'est pas difficile d'imaginer l'issue. A ce stade de la lecture, on se demande alors vers quelle voie souhaite nous emmener Françoise Sagan, ou pire, nous laisse à penser que cette fois-ci l'auteur s'est laissée convaincre par la banalité, et que les pages qui suivent ne seront qu'un désert sans passions, ni intelligence. On est prêt à abandonner mais un petit effort nous laisse entrevoir une deuxième partie très intéressante.
En effet, nos héros, que l'on croyait prêts à fuir l'hospitalité campagnarde, commencent au contraire à se sentir de mieux en mieux. Passé le temps du refus obstiné, ils acceptent leur nouvelle condition jusqu'à y trouver un certain plaisir, pour enfin s'y découvrir. Un des personnages est une jeune femme qui est accompagnée de son amant dont elle dispose sans jamais le dominer, comme s'il s'agissait d'un usufruit nécessaire à son image mondaine. Sauf qu'elle n'a jamais connu le plaisir avec lui, cet homme qui n'est qu'un prétexte à quelques anecdotes légères partagées entre bourgeoises. D'apparence libertine, elle se saisit néanmoins d'une certaine pudibonderie dans son for intérieur. Sa relation avec le jeune paysan n'en est que d'autant plus forte lorsqu’elle s'abandonne à lui. Il la prend violemment, avec bestialité, sans discours, ce qui a le don de combler pleinement la jeune femme et ne l'empêche pas de tomber amoureuse de cet étalon un peu rude. Qui aurait pu l'imaginer.
Vient ensuite la conversion du dandy parisien pour les travaux de la ferme. Celui-ci vit un bouleversement personnel lorsqu'il manœuvre le tracteur dans les champs environnants, jusqu'à s'épanouir dans une découverte d'un soi insoupçonné. Il ne s'est jamais senti aussi heureux.
Ce bonheur est également partagé par le troisième protagoniste, qui est une dame d'un certain âge, expérimentée dans les milieux bourgeois et adepte du cynisme accentué de quelques pointes de mépris. Aucun point commun entre elle et la mère du bel étalon qui gouverne la destinée de la ferme. Cette patronne est une femme rude, dont la féminité n'est prouvée que sur ses papiers d'identité. Et pourtant, ces deux femmes se respectent, jusqu'à s'accorder puis partager une relation amicale. La bourgeoise va d'ailleurs jusqu'à mettre ses mains dans la patte, en offrant ses services à la cuisine.
Le contraste est donc saisissant entre l'attitude guindée de ces personnages du début et leurs comportements et manières d'évoluer dans un milieu qu'ils n'auraient jamais côtoyé sans le désordre de la guerre. Comme si les défenses personnelles s'effondraient, sous les coups de butoir de gens honnêtes. Françoise Sagan nous a ainsi invité à la suivre vers les chemins de l'introspection. Chacun des trois individus s'aperçoit qu'il s'est fourvoyé toute sa vie, emprisonné dans quelques apparences, dévot d'une condition non choisie mais héritée. Il faut qu'un événement extraordinaire leur permette de douter, de balayer toutes leurs certitudes pour enfin se livrer à soi-même. Et se connaître. Le doute est un acte de liberté, qui tranche singulièrement avec cette période guerrière dans laquelle se situe l'action du livre. Pour s'y adonner totalement, le courage est nécessaire et les artifices inappropriées.
Les faux-fuyants est ainsi, sous ses abords légers et comiques, une réflexion de portée philosophique. Encore faut-il avoir la volonté de s'y plonger, car le doute, tout comme la liberté, ont pour bon nombre de personnes quelques aspects effrayants. Mais le bonheur passe par là. Le sort du quatrième personnage le démontre, lui qui victime d'une insolation mais surtout d'une sottise inébranlable, reste campé sur ses positions. Il s'est présenté ignorant dans cette aventure, il en sort totalement idiot.

Le Mot de l'éditeur : "Les faux-fuyants"
Durant la Seconde Guerre mondiale, quatre Parisiens, issus de la jeunesse dorée, fuient la capitale. À la suite d’un accident de voiture, ils doivent se réfugier chez des paysans. Le choc culturel entre les deux mondes est source de conflits impitoyables et irrésistibles.

Françoise Sagan, de son vrai nom Françoise Quoirez, est née le 21 juin 1935 à Carjac, dans le Lot. Elle a grandi dans un milieu bourgeois très protégé, fréquentant le couvent des Oiseaux et le cours Hattemer à Paris. C’est le Saint-Germain de l’après-guerre et les plages de Saint-Tropez qui lui permettent de s’émanciper. En 1954, Bonjour Tristesse la rend immensément célèbre. Le roman choque par un mélange très original de naïveté et de perversité et surtout par l’absence de tout sentiment moral. François Mauriac admirera presque malgré lui le « charmant petit monstre » qui aligne les succès romanesques et théâtraux.
Derrière le ton léger de la romancière, pour qui Colette reste le grand modèle se dissimule une vision assez sombre d’une vie qui cherche vraiment son sens.

« Excellent » - sa note : 10/10« j'ai adoré- le burlesque, la fin tragique, mais surtout, toutes les scènes dans la ferme, les poules, le grand-père etc..; »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
Anonymous



Les faux fuyants (Françoise Sagan) Empty
MessageSujet: Re: Les faux fuyants (Françoise Sagan)   Les faux fuyants (Françoise Sagan) Icon_minitimeMar 21 Avr 2009 - 23:06

Merci pour cet aperçu très complet de cet ouvrage que je n'ai pas lu! Je dois avouer que ça me rend tout à fait curieux, je n'hésiterai pas à le lire si j'en ai l'occasion. C'est vrai que Françoise Sagan est un personnage marquant de notre littérature, et je n'ai pourtant jamais rien lu d'elle... Je comblerai un jour cette lacune!

study
Revenir en haut Aller en bas
 
Les faux fuyants (Françoise Sagan)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Atelier d'écriture :: Le monde littéraire :: La boîte à critiques :: Classique-
Sauter vers: