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MessageSujet: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeLun 25 Mar 2013 - 20:33

Et voilà, comme promis, les 5 textes en compétition.

Pour commencer, un petit rappel des dés :

Concours Story Cubes : les votes Story_11

Vous avez jusqu'au dimanche 7 avril pour voter pour votre texte préféré.

Faites votre devoir d'Aecitoyen Very Happy
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeLun 25 Mar 2013 - 20:35

Texte n° 1


La lumière est éteinte, je m'allonge enfin sous la couette après une journée harassante. Aucun bruit ne vient perturber ma chute dans les bras de Morphée, alors je sombre lentement, profondément.

Comprenez ma surprise quand je m'éveillai la gorge brûlante et les yeux débordant de larmes : mon appart était en train de flamber, littéralement ! La fumée épaisse et noire des meubles carbonisés m’asphyxiai, les rideaux flamboyants mirent une poignée de secondes à se recomposer en un jolis petit tas de cendres au pied de la fenêtre que je regardai de mon lit l'air abasourdis. Me demandant si je devais fuir rapidement, ou prendre de le temps d'ouvrir le robinet pour faire danser mon pommeau de douche dans le salon, je vis la porte d'entrée, ainsi que celle de la salle de bain, entravées par des flammes ardentes. Un choix rapide s'imposait. Caleçons, pulls, téléphone, et la Magicbox dans un sac, et hop sur le balcon.

Escaladant la rambarde, j'aperçois quelques fenêtre illuminées dans l'immeuble d'en face. Les familles au complet se bousculent devant leurs vitres sales pour observer ma vie partir en fumée. Je m’agrippai fermement à la gouttière du voisin en priant pour qu'elle ne cède pas sous mon poids et entrepris la descente des deux étages qui me sépareraient du brasier. Arrivant enfin dans la cour bétonnée, je me décidai tout de même à prévenir les pompier ainsi que le gardien à fin d'évacuer l'immeuble. De nature égoïste j'en avais oublié que les flammes pouvaient voyager d'un étage à un autre en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. La mort des voisins – si bêtes soient-ils -sur la conscience ? Non merci, je passe mon tour. Mon devoir civique effectué, la fuite commence. Les BCB me traquerons jusqu'à la victoire, où la mort. Je cours à en perdre haleine, me dirigeant vers les falaises bordant la mer.
Une fois arrivé sur les sentiers de la gloire, je téléphonai à Rick.

Tiiit... Tiiit...Tiii. Clic.
« Hum ? »
« Ils ont essayé ! Je vais au sanctuaire, rejoins moi. J'ai la Magicbox. »
« Je serais à la source au matin. »
Clac.

Notre sanctuaire, c'est une grotte où personne ne s'aventure jamais. Rick le spéléoplongeur de l’extrême, avait creusé à même la falaise pour rejoindre les trous internes existants depuis des milliers d'années, comme autant de grottes sous-marines méconnues. Un tunnel long de deux kilomètres cheminai sous le grand phare, menant à une caverne à l'aspect guttural mais réellement spacieuse possédant une source, accés à la mer. J'avais découvert son refuge il y à plusieurs années, que j'adoptais immédiatement comme un sanctuaire. L'entrée du tunnel creusé dans la roche calcaire ne dépassait pas les deux mètres de hauteur mais c'était bien suffisant pour le rejoindre à pied, permettant aussi d'avoir une sortie de secours.

Descendant de la falaise en quelques minutes tant les prises m'étaient familières j’atterris finalement face à la cavité sombre dont le sol était jonchés de branches sèches et de poussière. Heureusement grâce à la technologie nous n'avions plus à emporter lampes-torche, boussole et autre instrument qui par l'accumulation pesaient lourd lors de la descente faramineuse. J'allumais donc le flash du téléphone avant de poursuivre tête baissée dans le couloir long de vingt mètres, passant devant notre totem je pris à gauche et continuai de descendre en m'accrochant aux pierres aiguisées comme des sabres japonais. Mettant enfin pied sur le terre-plein je sais qu'il reste un bon quart d'heure de marche. Passant d'une caverne à une autre, j'arrive enfin à l'antre magique ! Aménagée comme un réel appartement - d'une hauteur de quinze mètres - il y a une table en bois, un canapé miteux mais confortable, un coin cuisine prêt de la source – le tout surélevé pour éviter les accidents d’inondation- et un sac plastique remplis de bouteilles réfrigérées naturellement grâce aux parois glacés.

Je pose mon sac à même le sol et m'allonge sur le canapé espérant pouvoir finir ma nuit avant que le gaulois n'arrive. Le téléphone n'a évidemment que peu d'utilité dans les sous-terrains mais il offre une bonne manière de garder la notion du temps. Je fixe le réveil un peu avant l'aube pour me donner bonne conscience et m’assoupis enfin.

Pilili Pilili Poup ! Pilili Pilili Pap !

J'ouvre les yeux difficilement mais au bon timing puisque j'aperçois dans le trou sans fond une masse sombre longue de trente mètres se rapprochant de plus en plus vite de la surface de l'eau. Les remous commencent, bientôt des vagues lorsque les ballast se délaisseront de centaine de litres d'eau. C'est le déluge chaque fois qu'il vient en sous-marin. Je me suis moqué de son moyen de locomotion une seule fois, ma pommette gauche s'en rappelle encore. Alors que le bolide émerge de l'eau en se rapprochant du bord, je saute sur le canapé avec mon sac tenus au dessus de la tête.

Les ballasts font le plein d'air, et le monstre Mobydick se stabilise.Il ouvre les écoutilles, relève la trappe et sort du kiosque. Il est affreux, je peux lire l'angoisse sur son visage. Il est habillé comme à son habitude ; des fripes en lin que l'on croiraient datées du moyen-âge. La moustache d'Asterix et deux longues tresses brunes lui avait valus son surnom : Rick le gaulois.

" -Alors ? Quoi ?! Raconte putain !
- Imagine : je dormais et mon appart a pris feu ! Tu m'connais, c'est pas un accident domestique je vérifie le gaz quinze fois par jour...
-Les salauds. Ma piaule est foutue alors ? J'ai bien fait de quasi-déménager dans Mobydick !
-Ouai... J'espère que t'a pris les fioles !... On peut encore se rendre à la Tour ? J'aimerais feuilleter le livre de mon père.
-Si tu veux. On y sera avant midi. Ils savent où trouver Manse? Je savais qu'ils reviendraient, j'ai caché la donarite dans Mobydick.
-Bien pour l'explosif, ces Black Bear Crazy peuvent nous courir après jusqu'au Tibet, on aura toujours ce joker là ! Manse est à Londres : Pas de nouvelles depuis cinq jours.
-Je prend les bières et on y vas alors ! Tu lui enverras Phoenix..."

Il s’exécute pendant que j’apprivoise l'escalade du sous marin dépassant bien de deux mètres la surface marine. Là une prise ici, hop le barreau, le pied sur un écrou, c'est bon, je suis sur la coque. Je passe par la trappe et descend sur une échelle en carbone longue de trois mètres. L’intérieur du sous marin est suffisamment large et haut afin de pouvoir y vivre malgré qu'il soit l'un des plus petits au monde. Rangement astucieux et fonctionnels, hormis les formes arrondies des murs et les énormes tuyaux disgracieux on se croirait dans un studio. Les réacteurs sont à l'arrière et la cabine centrale utilise totalement les huit mètres de largeur au maître-bau. Je m'installe sur le siège qui fait face à l'unique table du logement, tout en m'interrogeant sur la manière dont Rick avait remplacé, par des automates, un équipage entier.

Celui-ci revient avec le sac réfrigéré dégoulinant d'où il sort deux bières que je m'empresse de décapsuler. Il referme la porte blindée et passe à l'avant du navire. Les ballast recrachent l'air en absorbant l'eau et nous nous enfonçons lentement sous le niveau de la mer. Immersion réussie, mis à part le fait que ma bière déborda pour ne plus m'en laisser que la moitié. Le mat télescopique et submersible nous guide à travers les conduits noyés. Nous descendons un peu plus encore sous les eaux profondes et nous voilà partis. La tour est à une heure de la côte sur un îlot rocheux nommé Mandrog totalement recouverts de végétation, à l'image des mangroves justement, et nous arriverons par un tunnel marin similaire à celui du sanctuaire. Grâce à ses nombreuses pérégrinations Rick arrivait comme cela à posséder plusieurs terrains aux quatre coins du monde. Un repaire pour chaque nécessité.

Il possédait sur l'île une immense tour de guet en pierre brute, semblable à une tourelle avec des meurtrières faisant le tour du plus haut balcon. Elle fut érigée de manière à avoir accès à la mer en passant par les catacombes qui ne servaient, en fait, qu'à stocker des livres plastifiés et des bouteilles de vin par milliers. Parmi ces livres, un manuscrit : NR1 – la donarite condensée : Utilisation en condition minière ou militaire.

NR1 est encore en pièce détachées pour le moment. La Magicbox attire fatalement mon regard et je ne peux que sourire en interprétant l'autocollant qui scellait la mallette. No Resurrection -1
Les Black Bear Crazy était une milice aux idées sombres et aux plans machiavélique, visant à éliminer certaines populations. Ils n'avaient pourtant pas fait de vague depuis le vol de leur précieux jouet. Mon père fut l'inventeur anonyme de cette technologie et à son décès il me légua son histoire, pria pour que cette chose soit détruite. Cela fait désormais trois ans que nous attendons leurs représailles, maintenant qu'ils possèdent nos identités, ils ne cesseront pas la traque.

" -Il faut se résoudre à détruire le flingue tu sais ? Me balance Rick d'un air plus décontracté.
-Mmh. Mon pater explique sûrement le procédé le moins dangereux dans ce bouquin. J'ai pas envie de sauter avec lui, vu notre quantité de donarite ça détruirait l'île entière et créerait un sacré tsunami...
-Au pire on balancera tout ça prés d'un volcan, les gens n'y verront que du feu. C'est le cas de le dire ! " Conclut-il en riant.

Absorbé par la tâche complexe de l'assemblage du pistolet je n'ai rien vu du voyage que nous remontions déjà à la surface. Nous arrivons dans une caverne humide similaire à l'autre mais beaucoup plus étroite et sombre. Rick se charge de retrouver le manuel d'utilisation tandis que j'accoste avec l'arme en main. La donarite reste dans le ventre de Mobydick, ça peut être risqué. Je m'empresse de quitter ces sous-terrains trop glauques à mon goût pour monter à la volière.

Phoenix et Croar sont les corbeaux les plus intelligents que j'eus l'occasion de rencontrer et m’accueillent tout deux en sautillants jusqu’à moi. Phoenix détend ses ailes pour venir sur mon épaule mais il est retenu par une chaîne en étain fixée à sa cage. Je plonge la main dans le sac de compost mélangé aux céréales et en pose une fournée sur le rebord de pierre. Croar surgit d'un bond et s'attaque aux asticots. Il le nargue, mais Phoenix assène de son bec courbé des provocations qui font fuir le gueulard.

Manse possède toutes les informations nécessaire au plan d'attaque prévu depuis deux ans. Il nous manquait les corones, il leur manquait nos noms.
Aujourd'hui le souci étant rétabli, je suis à même de penser que ces malabars finiront vraiment fous... Si le pyromane m'avait poursuivit, ce serait déjà finis. Et à force de filer le sale boulot aux larbins, généralement on perd la main. Mon cœur palpitait à toute berzingue, cette histoire devait se terminer ! J'écris donc les dernières nouvelles sur un bout de papier.

« Death NR1. BBC will burn ! Send Pheonix to Mandrog or comes. Dédé »

Je roule le message à fin de l'accrocher à la patte de Phoenix qui comprend bien sa nouvelle mission. « Pour Manse, à Londres. » Je le libère de sa chaîne, il croasse un coup, attrape une épluchure de poire dans le bec avant de sautiller jusqu'à la fenêtre sur laquelle il frappe comme un forcené. Je lui ouvre et il s'envole, déployant ses ailes noires aux reflets bleus. Il doit être heureux de pouvoir voler...
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeLun 25 Mar 2013 - 20:35

Texte n° 2


Damien entra en cours de chimie, encore tout engourdi de sommeil. comme ses camarades de classe il ouvrit son livre et lut le processus de l'expérience du jour.

La veille il avait participé à un jeu de rôle avec ses amis, vous savez ces jeux où l'on joue avec des dés à plusieurs faces. Toute la nuit ils avaient exploré des grottes, volé des trésors à l'intérieur de tours mystérieuses, tué leurs ennemis avec leur pistolet laser…

Il alluma son bec Bunsen afin de chauffer le liquide que contenait la fiole qu'il venait de remplir. Il leva la main afin de montrer le résultat de l'expérience à son professeur lorsque son téléphone se mit à sonner.
Mince il avait oublié de mettre la sourdine, il fit un faux mouvement, renversa la fiole, mis le feu à son livre, ouvrit le robinet en grand pour l'éteindre, aspergea la paillasse, puis trouvant ça divertissant il aspergea tous ses camarades.
Le professeur se retourna vit le carnage,confisqua le portable et envoya Damien chez le proviseur.

Ca y était, il allait devoir affronter le boss final …
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeLun 25 Mar 2013 - 20:36

Texte n° 3


Ben était un homme ordinaire, un petit employé dans une grande société, qui travaillait dans son coin sans se faire remarquer. Pour ses collègues, il était tellement discret qu’il faisait partie des meubles, et comme sa timidité l’empêchait d’aller vers les autres, il restait toujours seul, sans amis. Sa vie semblait routinière, métro, boulot, dodo, c’était du moins ce que pensaient les gens qui le croisaient dans les transports en commun, petit homme terne perpétuellement plongé dans la lecture d’un livre.
Pourtant, lorsqu’il rentrait chez lui le soir, qu’il refermait la porte de son appartement derrière lui, il devenait un autre. Il mangeait rapidement, puis s’asseyait devant le petit bureau qui occupait un coin de son studio, prenait sur l’étagère devant lui un carnet parmi les dizaines qui occupaient le rayonnage, l’ouvrait, et là commençait sa grande aventure, celle de l’écriture. Dès qu’il noircissait les pages de son stylo, il n’était plus Ben, le petit comptable, mais devenait le héros d’histoires incroyables qui l’emmenaient à l’autre bout du monde. C’était son jardin secret, personne d’autre ne savait qu’il avait cette passion, car jamais il n’avait fait lire ses textes à qui que ce soit.

Lorsqu’il refermera la porte derrière lui ce soir-là, Ben était de mauvaise humeur : il s’assit sur son canapé, dépité. Lui qui avait travaillé sans rechigner, espérant obtenir le poste d’un de ses collègues qui partait à la retraite, venait d’apprendre que cette promotion lui échappait au profit de Nadia, la dernière arrivée dans le service. Même s’il ne se mêlait pas aux autres, il avait entendu les rumeurs à son propos, qui la disaient être la maîtresse du directeur du service. A présent, avec une ascension aussi rapide, il n’avait plus de doutes sur le sujet. Furieux, il se leva et s’assit à son bureau, prenant le premier carnet qui lui tombait sur la main : c’était celui de son monde de fantasy. Il se mit à soupirer en l’ouvrant : « Ah, si Ragnar et ses corbeaux pouvaient quitter leur tour et venir me venger… » Il prit son stylo et écrivit une longue scène où un noble et sa maîtresse se faisaient attaquer dans leur manoir par un vol de corbeaux dont les becs acérés déchiraient leurs chairs, tandis que Ragnar le Barbare, leur maître, en profitait pour piller leurs trésors et repartir avec leurs richesses. Cette séance d’écriture le soulagea un peu, mais il savait que dès son retour au bureau, le lendemain, il devrait supporter de voir Nadia se pavaner dans son nouveau poste.

Lorsqu’il arriva à son travail, il remarqua tout de suite que quelque chose n’allait pas en voyant ses collègues discuter par petits groupes. Poussé par la curiosité, il mit sa timidité de côté et alla voir ce qui se passait. En s’approchant, il entendit que Nadia était morte, ainsi que son amant, leur directeur. C’était sa secrétaire, agitant son téléphone portable d’une manière à la limite de l’hystérie, qui annonçait la nouvelle, prévenue par la police ; elle donna les quelques détails qu’elle avait appris d’une voix suraigüe :
« Ils auraient été tués par une nuée d’oiseaux, et leur maison a été mise à sac, tous les objets de valeur ont été dérobés. La police ne sait que penser… »
Ben pâlit à ces mots et fit demi-tour pour regagner son bureau, sonné : non, ce n’était pas possible, ça ne pouvait être qu’une coïncidence… évidemment, Ragnar ne pouvait pas avoir pris vie pour aller les attaquer. Il tendit la main pour prendre sa bouteille d’eau, la gorge soudain sèche, mais il tremblait tellement qu’il la renversa et elle tomba par terre dans un bruit sec. Il la ramassa et, tout en buvant, se réprimanda : il n’allait pas croire quelque chose d’aussi fou, ses personnages ne pouvaient pas avoir fait une telle chose, ce n’étaient que des créatures de papier. Il secoua la tête pour chasser ces pensées et se mit à son travail.

En arrivant dans son quartier le soir même, il remarqua aussitôt le nombre important de voitures de police, ainsi que la foule dense et bruyante dans la rue. Il soupira en se rappelant qu’il y avait ce soir un match de foot dans le stade voisin et qu’il était classé à hauts risques, tant les supporters des deux équipes se détestaient. Il se hâta de rentrer chez lui, n’ayant aucune envie de se trouver mêlé à une échauffourée comme il s’en produisait dans ces cas-là : il se souvenait encore du jeune homme qui était grimpé à un arbre sous ses yeux un soir, pour échapper à des hooligans de l’équipe adverse. Une fois à l’abri chez lui, il rumina en entendant les rumeurs qui lui parvenaient de l’extérieur ; il s’installa à son bureau et prit un carnet pour s’évader, comme tous les soirs. Cette fois-ci, c’était le capitaine Dé, dans son sous-marin, qui vint à lui : avec son équipage de choc armé de pistolets laser, il remplissait des missions secrètes tout autour du monde. Tout en écrivant une nouvelle mission – poursuivre un entraîneur de foot et lui arracher la fiole contenant une nouvelle drogue destinée au dopage – il se mit à penser que si l’équipage pouvait en même temps faire un peu de ménage dans les rangs des supporters trop violents, ce serait une bonne chose. Il étouffa un bâillement et alla finalement se coucher.

Des cris dans la rue le tirèrent brusquement de son sommeil : il pensa en se frottant les yeux que la sortie des supporters du match avait encore dégénéré en combat de rue. Il allait se rendormir quand un bruit insolite le fit sursauter : il entendait, par-dessus les cris et les bruits, le croassement de plusieurs corbeaux. Soudain bien réveillé, il se précipita à sa fenêtre et découvrit la panique qui régnait dehors : des dizaines de personnes fuyaient en courant dans les rues, poursuivis par les membres de l’équipage du capitaine Dé, reconnaissables à leur tenue rouge et noire, qui leur tiraient dessus. Plus loin, les corbeaux attaquaient des supporters qui tentaient en vain de leur échapper, tandis que Ragnar, armé de son épée et de sa hache, taillait dans les chairs sans état d’âme.
Ben referma la fenêtre en tremblant, terrorisé : il ne cessait de se répéter que ce n’était pas possible, que ses personnages ne pouvaient pas avoir pris vie et que ce n’étaient pas eux qui semaient la panique dans la rue… Pourtant, il les avait vus de ses propres yeux et il ne pouvait pas douter. Il resta prostré dans un coin de son appartement, se répétant que ce n’était pas possible, qu’il n’avait fait qu’un cauchemar, mais quand il ouvrit sa fenêtre au lever du jour, il ne put que constater l’état des rues de son quartier et sut qu’il n’avait pas rêvé. Il alluma la télévision et chercha une chaîne d’information : aussitôt, des images stupéfiantes apparurent, celles du sous-marin qui avait surgi du fleuve voisin du stade et d’où des hommes armés avaient jailli à la fin du match, attaquant les supporters qui en sortaient. La panique qui avait suivi avait causé au moins une vingtaine de morts et des dizaines de blessés, tandis qu’un homme habillé comme un barbare avait déboulé dans la mêlée pour massacrer à son tour, avec des corbeaux, une dizaine de personnes. Le sous-marin et son équipage, ainsi que le barbare, avaient mystérieusement disparu, et la police se perdait en conjectures. Affolé, Ben jeta un coup d’œil à son étagère sur laquelle s’étendaient ses carnets, tous ses écrits. Il se leva, prit un grand sac de voyage et les fourra tous à l’intérieur. Puis il s’habilla en vitesse, saisit le bagage et sortit dans la rue. Il s’éloigna du chaos de son quartier jusqu’à trouver une rue où la circulation était normale et il héla un taxi. Il demanda aussitôt à celui-ci de le conduire dans un petit village à quelques kilomètres de la ville. Il se fit déposer sur la place et attendit que le véhicule s’éloigne pour s’élancer vers un petit chemin qui s’enfonçait dans les bois : il en connaissait le chemin par cœur, c’était l’endroit où, quand il était enfant, il venait se réfugier pour échapper aux quolibets de ses camarades et écrire en paix. Il trouva bientôt l’entrée de la grotte, à moitié cachée par les fourrés, et s’y engouffra ; il jeta le sac contenant ses carnets à terre, ressortit pour ramasser du bois mort et des feuilles, puis rentra en courant et se mit à improviser un foyer auquel il mit le feu grâce au briquet qu’il avait emporté. Il attendit que les flammes commencent à s’élever, puis récupéra un premier carnet pour le jeter dans le feu ; juste avant que celui-ci ne tombe dans les flammes, un corbeau traversa la grotte et le récupéra au vol. La lumière à l’entrée s’obscurcit et Ben se retourna en tremblant, sachant d’avance ce qu’il allait découvrir : la haute silhouette de Ragnar, couvert de ses peaux de bête, le dominait de toute sa hauteur. L’homme récupéra le carnet que l’oiseau lui ramenait, avant de toiser son auteur :
« Eh bien, tu croyais vraiment que nous allions te laisser nous tuer ? »
Ben essaya de protester, mais sa voix s’étranglait lamentablement :
« Vous n’existez pas, vous n’êtes que des personnages de roman !
— Bien sûr que si, nous existons, c’est toi qui nous as donné vie… et maintenant que nous avons découvert le monde réel grâce à ton désir d’y remettre de l’ordre, nous n’allons pas retourner dans nos pages, cet endroit est bien trop plaisant ! »
Affolé, l’homme essaya d’attraper un autre livre, mais une détonation retentit et il retira sa main en criant, brûlé par le laser : à côté de Ragnar venait d’apparaître le Capitaine Dé, qui avait tiré. Ce dernier le regarda d’un air désapprobateur :
« Comment, après nous avoir créés, tu voudrais nous détruire ? Crois-tu que nous allons te laisser faire ? »
Ben tenait sa main blessée, les yeux agrandis par la terreur : il n’y avait là que deux de ses créations, déjà très hostiles, qu’allait-il se passer si toutes les autres prenaient vie, les terribles Démons du Désert, les Dragons de glace, les extraterrestres de Zaïna, et tant d’autres encore auquel son imagination avait donné vie ces dernières années ? Il fallait détruire les carnets, c’était d’eux qu’ils étaient sortis, ils en disparaîtraient avec leur destruction. Ben tenta le tout pour le tout, se précipitant vers le sac pour l’arracher du sol et le jeter dans le feu. Mais avant qu’il n’ait pu atteindre son but, des croassements envahirent la grotte et des dizaines de corbeaux se jetèrent sur lui. Des becs acérés se mirent à le harceler de tous les côtés, et il eut beau se débattre, il ne put leur résister bien longtemps.
De l’entrée de la grotte, Ragnar et le Capitaine Dé le regardèrent mourir. Finalement, le sous-marinier entra et alla récupérer le bagage contenant les carnets ; il le tendit à Ragnar qui y ajouta celui qu’avait arraché son oiseau, puis le ferma en souriant :
« Je vais les mettre à l’abri dans le coffre-fort du sous-marin, il est indestructible et je suis le seul à en connaître la combinaison, ainsi nous serons sûrs que personne n’y accédera !
— Très bien, et à présent, allons nous amuser, les autres ne vont pas tarder à arriver ! »


Dernière édition par Abigaelle le Lun 25 Mar 2013 - 20:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeLun 25 Mar 2013 - 20:37

Texte n° 4


Gueule de bois

Lorsqu’Armand se réveilla au crépuscule, il eut du mal à ouvrir les yeux. Il se sentait la tête lourde, la bouche pâteuse. Bien qu’il fût un vampire, avec la capacité de récupération qui accompagne habituellement cet état, il avait l’impression d’avoir pris une bonne cuite.
Note pour l’avenir, se dit-il en se levant tant bien que mal : s’arrêter de mordre au troisième junkie, le quatrième est fatal.
Il se traîna vers la cuisine. Des éclats de lumière et des bruits sourds provenaient du salon. Il réalisa qu’il avait oublié d’éteindre la télévision en se couchant. Elle projetait encore les images criardes d’une série ridicule parlant de sous-marins et de pistolets laser, expliquant les rêves absurdes qui l’avaient empêché de dormir toute la journée.
Armand se sentit un peu mieux après avoir avalé une des poches de sang qui garnissaient son frigo, le seul élément neuf et ultra moderne dans sa minuscule kitchenette, et décida d’aller vérifier l’état de déshydratation du chargement de Scarlet dont il avait commencé le traitement la veille.
Après coup, il se dit qu’il aurait été malin d’allumer la lumière avant d’entrer dans le laboratoire. Mais pour l’instant, il ne pouvait que constater les dégâts, furieux : sa maladresse avait provoqué la chute de plusieurs fioles et ustensiles fort coûteux, sans compter que le fracas du matériel n’avait pas amélioré sa migraine.
Du verre brisé, des morceaux de métal éparpillés, et du sang partout, une réserve entière de sang de vampire perdue, une longue heure de ménage en perspective. Il soupira et rendit un regard furieux au corbeau empaillé qui avait l’air de le narguer de son étagère.
Une fois de plus il se dit qu’il serait temps de le jeter, mais comme beaucoup de ses congénères, il avait du mal à se séparer des vestiges de son passé. Ce corbeau empaillé lui rappelait de longues heures similaires à préparer des potions et des filtres, lorsqu’il était alchimiste, jusqu’au jour où ces abrutis de paysans avaient mis le feu à la tour en ruine dans laquelle il se cachait, l’obligeant à se réfugier dans une grotte humide…
Armand se secoua. Non, décidément, cette soirée de ripaille et de jeu de dés avec deux copains, très amusante sur le coup, ne lui réussissait pas.
Il retourna dans le salon, remettant le ménage à plus tard. Il récupéra son téléphone portable entre deux coussins et appela Greg, son meilleur ami et associé dealer.
« Greg, j’ai besoin de matos, déclara t-il sans ambages.
— Hey, Armand, moi aussi ça va bien ! Super soirée hier, non ? »
Il détesta aussitôt son ami d’être d’aussi bonne humeur.
« Ouais, génial, grommela t-il d’un ton plein d’ironie. J’ai besoin de fioles et de certains instruments, tu as ça sous la main ?
— Peut-être, rigola Greg. J’étais en train de lire un article passionnant, dis donc. Tu savais que certaines espèces de grenouilles grimpent aux arbres pour se nourrir ? »
Pourquoi fallait-il que cette espèce de biologiste à la manque passe son temps à lire des magazines scientifiques obscurs ? Armand l’interrompis dans ses digressions en étouffant un cri de rage.
« Je m’en fiche, de tes grenouilles. Tu as du matériel, oui ou non ?
— Oui, oui, t’énerve pas, rétorqua son ami en riant de plus belle. Tu as de la chance, j’ai cambriolé un labo avant-hier, j’ai plein de super matériel tout neuf. Je passe t’apporter ça tout à l’heure. Je peux te demander pourquoi tu en as besoin ?
— Non ! » trancha Armand, et il raccrocha sans prévenir.
Discuter avec cette boule d’énergie l’avait épuisé. Il se massa les tempes et les yeux pour essayer de chasser son mal de tête. Et bien, en attendant que Greg arrive, il ne lui restait qu’à attraper le seau, le balai et la serpillère, et à nettoyer ses bêtises.
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeLun 25 Mar 2013 - 20:39

Texte n° 5


La ville engloutie


Le sous-marin progressait lentement. Trop lentement au goût de l’Érudit. Il regarda à nouveau les écrans de contrôle et le radar. Rien que des roches sans intérêt. Il poussa un profond soupir. Le pilote leva les yeux vers lui et le contempla d’un air maussade.
Depuis des jours, ils patrouillaient au large des côtes du royaume de Siam, sans grand succès. Pourtant, les cartes de l’Érudit étaient formelles. L’entrée de la grotte se trouvait là, quelque part. Le capitaine Corbeau restait le plus longtemps possible en plongée, ne remontant à la surface que le moins souvent. Il ne tenait pas à ce que les autres chasseurs découvrent leur position. L’Érudit serrait les poings à la pensée de ces chacals qui lui suivaient à la trace, il quitta la cabine de pilotage, éprouvant la soudaine envie de s’isoler.
Il avait pourtant été prudent, lui, le fils de noblesse déchu et sans le sou. Il avait trouvé cette vieille carte dans une malle appartenant à son grand-père. Il avait tout de suite compris qu’il y avait de l’argent à se faire et avait embauché le capitaine Corbeau et son équipage. Alors qu’il remontait les coursives du submersible, il songeait que l’un des marins les avait peut-être vendus. Ce pouvait très bien être le mousse, ce gamin blond occupé à récurer les sols des couloirs, après tout, le capitaine ne cessait de le houspiller. Ou bien ce machiniste qui huilait les pistons des moteurs. Ou encore, ces deux hommes qui jouaient aux dés dans un coin pour tromper leur ennui.
Alors qu’il regagnait le petit réduit qui lui servait de cabine, la silhouette massive du capitaine s’encadra dans le corridor, lui barrant la route. Le cheveu et les yeux aussi noirs que ses vêtements, le nez busqué acéré comme un bec, le capitaine Corbeau portait bien son nom.
— Alors ? s’enquit-il.
— Toujours rien, répondit l’Érudit.
— Êtes-vous sûr de vos cartes ?
Agacé, l’Érudit réprima un mouvement de colère.
— Oui, je suis sûr. Mon aïeul a laissé une série de notes très précises. L’entrée se trouve dans les parages et elle conduit à d’immenses richesses.
Le capitaine n’insista pas et s’éloigna. Il n’avait rien demandé à l’Érudit pour organiser l’expédition, pas même sa vraie identité. Il s’était contenté des cartes et de la promesse de partager le pactole découvert. Mais l’Érudit sentait le vent tourner. Le Corbeau doutait. S’ils ne dénichaient pas l’entrée de cette fameuse grotte sous-marine, le capitaine ne tarderait pas à rejoindre le premier port venu et à l’y débarquer sans autre forme de procès.
Avec un soupir, l’Érudit poussa la porte de la cabine et s’allongea sur l’étroite couchette. Le sommeil l’emporta bientôt.


Il fut réveillé par le hululement d’une sirène. Immédiatement, il fut debout et courut vers le poste de pilotage. D’autres hommes d’équipage eurent la même idée. Ils restèrent figés devant le spectacle. Les écrans de contrôle du sous-marin hurlaient l’imminence d’une collision, tandis que le pilote ronflait sur son fauteuil ! L’Érudit se jeta sur lui et le secoua vigoureusement.
— Oh, l’ami !
L’homme ouvrit les yeux avec un cri de surprise. Il se dressa d’un bond et dans sa précipitation, heurta une lampe à pétrole. L’Érudit vit l’objet tomber comme au ralenti. La lampe s’écrasa au sol et l’huile s’enflamma. Il y eut un moment de flottement, au cours duquel tous restèrent pétrifiés. Puis, l’Érudit réagit : il attrapa la veste du pilote posée sur une chaise et la lança sur le foyer.
— Au feu ! Au feu ! cria l’un des marins.
Le chaos emplit le submersible. Tous les hommes hurlaient, on se précipitait dans la cabine de pilotage, les alarmes mugissaient, le capitaine beuglait ses ordres. Un craquement retentit soudain et un violent choc ébranla le vaisseau. L’Érudit fut jeté à terre. Son crâne heurta l’une des consoles. Il se redressa en se massant la tête. Un semblant de calme était revenu à bord. L’incendie était éteint, le capitaine donnait ses instuctions et un homme avait repris les commandes.
— Au rapport ! beugla le Corbeau.
— Avaries dans les secteurs un et deux. Les autres sont sous contrôle, lui répondit-on.
Le marin assigné au périscope se tourna alors vers le capitaine.
— Monsieur… Je pense que nous avons trouvé l’entrée de la caverne.

L’Érudit s’arrêta et regarda autour de lui. Il n’en croyait pas ses yeux. Le submersible était amarré dans un lac artificiel où il avait débouché, suivant le conduit révélé par la collision. L’eau était d’un bleu surnaturel, la place qui l’entourait était pavée de pierres azur. Mais le plus impressionnant restait les immenses tours de nacre qui se perdaient dans l’obscurité du plafond de la grotte. Le silence régnait en cet endroit, seulement troublé par les clapotis de l’eau et les conversations des hommes. Personne n’osait élever la voix, comme si parler aurait brisé l’enchantement de ces lieux. L’Érudit ne pouvait s’empêcher de contempler la cité engloutie bouche bée. À côté de lui, le capitaine grommela quelques jurons. Il ne semblait pas partager l’ébahissement de ses hommes.
— On se rassemble, ordonna-t-il à un petit groupe d’une dizaine de marins. Armez-vous, équipez-vous, les autres vous restez au submersible. Exécution !
Les troupes sortirent de leur torpeur et obtempèrent prestement. Seul le mousse demeurait planté là, sans bouger, les yeux fixés sur le plafond de la grotte que les lampes du sous-marin peinaient à éclairer.
— Toi, le gamin, tu viens avec nous, décréta le Corbeau. Tu porteras les sacs, ça t’empêchera de bayer aux corneilles !
Le mousse baissa le regard. L’Érudit n’aurait pu dire s’il était émerveillé à l’idée de partir à la découverte de cette mystérieuse cité, ou s’il enrageait de servir une fois de plus de souffre-douleur aux autres. Il chassa ces pensées et s’équipa à son tour.
Ils se munirent de lanternes et de torches, avant de s’engager dans les rues. L’Érudit tenait à la main les cartes léguées par son ancêtre, bien qu’elle ne soit plus d’aucune utilité. Les plans parlaient d’une grotte où l’on aurait entreposé des richesses, pas d’une ville engloutie !
— Par où ? demanda le capitaine.
— Je ne sais pas, avoua l’Érudit.
Le regard que le Corbeau lui adressa signifiait clairement qu’il ne s’agissait pas là de la réponse qu’il attendait. L’Érudit tourna sur lui-même, braquant le faisceau de sa torche vers les tours. Beaucoup étaient à demi écroulées. De massifs blocs de pierre obstruaient le passage. L’Érudit repéra néanmoins une artère un peu plus large que les autres. Avec un peu de chance, elle mènerait vers le centre de la ville.
— Par là, indiqua-t-il.
Le Corbeau acquiesça et donna le signe du départ. Ils progressèrent lentement, escaladant les rochers, rampant entre les éboulis. Le mousse peinait à les suivre, encombré par l’énorme sac qu’il transportait. Le capitaine se retournait parfois pour lui hurler de marcher plus vite. À part les cris du Corbeau et le bruit de leurs pas, aucun son ne leur parvint, et ils ne croisèrent nulle âme qui vive, pas même un insecte. L’ambiance lugubre commençait à peser sur les nerfs de chacun.
Au fur et à mesure qu’ils avançaient, les bâtiments devenaient de plus en plus imposants. Certaines des tours étaient encore debout mais beaucoup étaient en miettes, comme foudroyées par un cataclysme. L’Erudit se demanda quelle force avait bien pu anéantir cette cité et pourquoi elle était entièrement déserte.
Ils atteignirent enfin une vaste place, dont le centre était occupé par un gigantesque dôme. Là où les autres constructions étaient écroulés, celui-ci était intact. Le Corbeau hésita un instant, sûrement frappé par la majesté des lieux, ou inquiet à cause du silence macabre qui régnait. Finalement, la curiosité l’emporta et il donna l’ordre à la troupe de pénétrer dans le dôme.
Une déplaisante surprise les y attendait. Des corps jonchaient le couloir d’entrée, des squelettes d’apparence humaine, bien que leur ossature soit plus grande et plus frêle. Les marins restèrent indécis, regardant les dépouilles. Il fallut que leur capitaine les invective pour qu’ils acceptent de passer. Ils contournèrent les cadavres, preuves que cette ville engloutie avait un jour été habitée. Ils suivirent le corridor et débouchèrent dans la salle centrale. Un éclair répondit à la lumière de leurs lanternes. L’Érudit découvrit alors que les murs de la salle où ils venaient de pénétrer étaient tapissés d’or. Il jubila en silence. Ils avaient trouvé leur trésor ! Les marins exultaient et riaient. Ils étaient riches ! Le corbeau fit le tour de la pièce, s’intéressant plus aux panneaux de commandes et aux consoles hérissées de boutons qu’à l’or sur les parois. Il releva soudainement la tête et fixa l’entrée.
— Quelque chose ne va pas, capitaine ? s’enquit l’Érudit.
— Du bruit, souffla le Corbeau. À vos postes !
Mais les marins étaient absorbés par l’or et ne l’écoutèrent pas. Une dizaine d’hommes surgit dans la pièce. Ils étaient lourdement armés de fusils automatiques. Un homme blond de haute taille marchait à leur tête.
— Rendez vous, ordonna-t-il dans un français teinté d’accent nordique.
— Capitaine Bjorn, le salua le Corbeau, des étincelles de haine dansant dans le regard.
— Rendez vous, répéta l’autre, votre submersible est sous mon contrôle. Vous n’avez plus aucune chance.
En guise de réponse, le Corbeau tira son révolver, rapidement imité par ses hommes. L’Erudit se recula dans un coin. Ce qu’il craignait se réalisait. On les avait suivis. Quelqu’un à bord les avait vendus. Le regard de l’Érudit glissa vers le mousse. Tassé dans un coin, il observait le Corbeau avec un sourire mauvais. L’Erudit comprit alors qu’il avait accès à tous les équipements du sous-marin, notamment la radio. Et personne ne lui prêtait jamais attention. Depuis combien de temps travaillait-il pour Bjorn ?
Le grand blond effectua quelque pas dans la salle, contemplant les murs tapissés d’or. Les hommes du Corbeau le suivaient du canon de leurs armes, tandis que leurs ennemis les tenaient en joue. Un geste déplacé et ce serait un bain de sang. L’Érudit voulut parler, tenter de désamorcer le conflit. La terreur le paralysait. Bjorn caressa du doigt une console.
— Tu vois, Corbeau, comme la dernière fois à Bali, c’est moi qui vais gagner. Mais cette fois-ci, je ne te laisserai pas sortir d’ici vivant, je n’ai pas envie de te retrouver à nouveau sur ma route et…
Le nordique n’acheva pas sa tirade. Le Corbeau se jeta sur lui avec un rugissement. L’enfer se déchaîna. Les tirs fusèrent, des cris retentirent. Une violente douleur au ventre plia l’Erudit en deux. Il porta sa main à son abdomen et la retira tâchée de sang. Avec un gémissement rauque, il s’écroula. Dans sa chute, il actionna une commande. Une alarme stridente se mit à hurler. Un grondement sourd fit trembler le sol. Le plafond de la caverne s’écarta et des trombes d’eau se déversèrent sur eux. L’Érudit songea que le secret de cette cité était désormais englouti pour toujours. Les eaux l’emportèrent.

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sombrefeline
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMar 26 Mar 2013 - 8:35

A voté !

Texte 3 pour moi, même si le 2 et le 4 arrivaient aussi en bonne position. Bravo à tous les participants.

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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMar 26 Mar 2013 - 10:58

A voté :-)
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMar 26 Mar 2013 - 12:28

A voté !
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMar 26 Mar 2013 - 13:06

A voté aussi.

Choixi difficile, coup de coeur pour les textes 4 et 5, j'ai fini par pencher pour le 4 qui m'a vraiment fait beaucoup rire.

Bravo à tous d'avoir relevé le défi.
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMar 26 Mar 2013 - 14:06

Ouhlà, quel niveau, le choix est rude... Bravo à tout ceux qui ont relevé le défi!
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMer 27 Mar 2013 - 9:22

Allez, viendez voter, les gens devil2
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMer 27 Mar 2013 - 9:35

Seulement 7 votes? Et alors, faut que je vienne faire des piqûres de motivation à tout le monde?

Twisted Evil
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Morrigan
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMer 27 Mar 2013 - 10:01

Gn'a voté.
Texte 3 pour ma part, même si le 5 était tout aussi bon.
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMer 27 Mar 2013 - 10:05

2 textes lus, encore 3, franchement les gens vous avez des idées de fous geek

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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMer 27 Mar 2013 - 21:46

Allez, allez, on vient voter !

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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeLun 1 Avr 2013 - 20:21

Un coup de cœur pour les textes 3 & 5 qui m’ont tout les deux beaucoup plut, mais faut bien se décider alors Je vote pour le 3 Smile
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Iron
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMar 2 Avr 2013 - 7:06

Voté Smile

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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeMer 3 Avr 2013 - 7:13

Allez, allez, on vient voter !

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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeSam 6 Avr 2013 - 18:07

Encore une journée pour voter, allez, venez faire votre devoir électoral !
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeSam 6 Avr 2013 - 18:11

852 membres sur le forum, et seulement 11 votants? C'est vraiment du foutage de gueule, à se demander si ça vaut vraiment la peine de se casser le cul à organiser les concours que tout le monde réclame à corps et à cris...

Je signale à ceux qui ne l'avait pas compris que le vote est ouvert à TOUS les membres, quelque soit leur ancienneté et y compris les plus nouveaux, et pas seulement aux gens qui ont envoyé un texte pour le concours.

Alors venez au moins soutenir un peu les gens qui ont pris la peine de participer, il ne vous reste plus que quelques heures!

VENEZ VOTER !
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeSam 6 Avr 2013 - 18:44

Vote effectué Wink
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeSam 6 Avr 2013 - 20:15

C'est vrai ça dis donc ! Écoutez tous maman Rainette !

On écrit pour vous, vous nous lisez en biais, et sans voter ! C'est une honte ! On approche des 300 vues pour 13 votes, ça fait léger franchement !
( c'est bien Patman, t'es cool ::copain:: )

* s'en va désespérée, mais contente d'avoir posé son grain d'sable *
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Elann
Accro au forum ? Oui, pourquoi ?
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeDim 7 Avr 2013 - 11:16

Ha ha mais c'est la guerre ici ^^.

Bon, j'ai voté d'puis un bail déjà. Pour le 2, d'ailleurs.

devil

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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeDim 7 Avr 2013 - 11:24

Ouhlà, deux ex aequo à départager... Vite vite, faut voter!
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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitimeDim 7 Avr 2013 - 20:56

Bon, pas d'autres votes dans la journée, voici donc les résultats du concours Story Cubes, avec deux gagnants ex aequo :

Bravo à Sombreféline qui a écrit le texte n° 5, et c'est moi qui ai écrit le n° 3

Merci à tous les participants.

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MessageSujet: Re: Concours Story Cubes : les votes   Concours Story Cubes : les votes Icon_minitime

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