Atelier d'écriture
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 Souriez, vous êtes confinés!

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Templier f
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anapoesis
Salut
RaphaëlleClaire
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Salut
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MessageSujet: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeMar 24 Mar 2020 - 14:51

Nous vivons une période des plus étranges mesdames et messieurs, unique dans notre histoire personnelle, singulière dans l'Histoire elle-même. Alors forcément, beaucoup d'interrogations, de pression, de stress, mais également d'élan, de réflexions, de calme, de pulsions.

Je vous propose cet espace pour partager les textes que nous inspirent les événements. Ressenti personnel ou universel, rêve, tristesse, colère, anticipation, rétrospection, parallélisme et décentrisme... 

A vos plumes!  reflechie  
(et ne me dîtes pas que vous n'avez pas le temps!)
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RaphaëlleClaire
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Féminin Nombre de messages : 6
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeDim 29 Mar 2020 - 17:22

J'ai essayé de faire quelque chose de sérieux, je vous jure.

Ci (licence poétique désolée)
On
Ne se
Fie pas qu'à soi, on pourrait bien,
Ici comme ailleurs,
Ne plus avoir dans les magasins
En guise d'alimentation,
Mon Dieu, quel effroi ! Qu'
Epinards et salades, car ils aiment à outrance
Nous arracher avec fureur
Tout ce qui nous reste de PQ, de riz et de pâtes !

Ametis aime ce message

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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeLun 30 Mar 2020 - 14:25

Ah ah! Ca résume bien la situation en effet! mdr J'adore ta mise en forme Raphaëlleclaire, vraiment originale Super

Merci Salut pour cette initiative pleine de bon sens!
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Salut
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Féminin Nombre de messages : 967
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeJeu 9 Avr 2020 - 17:20

Réflexions confinées... 

Nous l'avons mérité:
 
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anapoesis
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeSam 18 Avr 2020 - 13:08

Enfermée comme au Moyen-Age,
Dans mon plus bel âge,
Je ne sors que pour les besoins vitaux,
Et boire ma poire d'eau.
Je ne sors pour fuir la mort,
Et ne rencontre aucun effort:
L'oisiveté me gagne,
C'est l'éloge de la paresse!
Et dans mon ivresse,
Le télétravail est loin de mon pagne.
L'économie au ralenti,
Les aiguilles de l'horloges stoppent leur course,
Et dans ma folie,
Je regarde la bourse.
A quand la véritable fin?
Pour combler enfin ma faim.
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PrincessPirate
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MessageSujet: Liberté    Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeDim 19 Avr 2020 - 0:00

Et si on n'en restait là ?

Cent ans de confinement viennent de passer.
Il ne me reste plus beaucoup de forces pour continuer.
Je me traîne lamentablement jusqu'au salon.
Emprisonnée dans ma propre maison.

Envie de fuir.
Nul part où aller.
Je n'aurai jamais imaginé
Être libre et enchaînée.

Je veux prendre un avion et m'envoler pour Cuba.
Mais je sais qu'à peine arrivée, la vie me rattrapera.
Le mal est là bas, il est aussi ici.
Nos amis sont devenus nos ennemis.

Impression d'étouffer, en apnée loin de la surface.
Je veux remonter mais là haut, l'eau devient glace.
Une surface froide , fine et pourtant si solide.
Me laisse distinguer la silhouette de la Liberation.
Je la vois, elle me regarde et n'émet aucun son.
Impossible toutefois de traverser ce mur invisible.
Je resterai donc la tête contre la vitre un moment. Jusqu'à la fin de ce long, trop long confinement.

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PrincessPirate
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeDim 19 Avr 2020 - 0:12

En réponse au texte de @Salut et en écho à celui de @anapoesis.

Cette pensée si personnelle et en même temps incroyablement universelle en ce moment. J'ai hâte et en même temps j'ai peur de ce qui va arriver après. Peur d'être déçue des nôtres.
Nous sommes très nombreux à tirer des conclusions de ce qui arrive en ce moment. Mais va ton vraiment changer ? Va t-on réussir à ébranler un système qui se veut planétaire. La conscience collective sera telle plus forte que nos habitudes mauvaises pour la Terre mais si faciles à retrouver.
Malheur vite arrivé , sera t-il vite oublié ?
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Salut
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeDim 19 Avr 2020 - 14:29

Très joli ton poème PrincessPirate! J'espère que tu ne te sens pas aussi mal que tu le décris! ^^ 

Moi, déjà, ce qui me motive, c'est de voir qu'en ne se connaissant absolument pas et en se croisant par hasard sur un forum d'écriture sans orientation idéologique ou politique, on a l'air de penser plutôt dans la même direction! Tout le monde n'est peut-être pas prêt à se battre pour changer le système mais je crois quand même que notre culture et notre vision du monde est en train de changer massivement. L'idéologie dominante ne fait plus rêver et ne convainc plus grand monde. Ce qui nous manque peut-être, c'est de se rendre compte de notre force. Le système, la société, l'Etat, c'est nous Wink

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Templier f
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeSam 2 Mai 2020 - 18:09

Gasp!..

Au confin d' un univers ou va t' on..
Je suis con! Finement, je tente une sortie, mais ou aller?..
L' invisible enemi me cible, il tente une entré..
Vigilance et méfiance, je dois me concentrer!
Je ment comme je respire
Se faisant, je l' attire..
Je dois me protéger où bien me résigner
Il me faut être armé où alors m' isoler..
Le Monde a peur! Le changement est là
Infiniment petit! Tu sonne le trépas!..
Silencieux, comme la voix de dieu
Tu pénètres nos yeux..
Coulant, larmes de sangs
Jusqu'au coeur d' un enfant
Sans avenir et sans rire..
Le pire est à venir!?..
Triste état d' un état
Qui ne sait plus quoi dire..
Ni quoi faire, ni se taire!
Et il ment à vomir
Ersatz monétaire!
" Tu nous prend pour des pions!?"
" Trou de bal à Matignon!.. "
" On n' est pas invité? "
" Au joli bal masqué.. "
D' ailleurs, j' ai toujours pas de masque..
Pendant ce temps je casque!..
Si je prend pas de gants!
C' est pour toucher les gens..
Et je crie en silence
Pertinente insolence
Et je pense à tous ceux
Seuls et malchanceux
Que la belle Société
A pourtant oublié..
On est les confinés!
On a le droit d' espérer!
Souriez! Souriez!.
On n' est pas si cinglés!..😏

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Templier f
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeDim 3 Mai 2020 - 15:19

Comment cela est arrivé ?
Par une simple stupidité ?..
D' une société aveuglée ?..
Je n' en ai pas la moindre idée
Sur Internet j' ai recherché
Je veux savoir la vérité!
Comprendre ce qui c' est donc passé!
Que de réponses exagérées
Occultant ma propre pensée
Que de propos manipulés
Complotant et détournés
Alors sur quel pied dancer ?
La contre dance est si chère!
Pour tous ceux qui me sont chers
Comment percevoir un futur
Vêtus de combinaison, d' armure
Un peu comme des extraterrestres
Découvrant un astre senestre
Pour avoir retourné sa veste
Au "nouveau monde" funeste...😖
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Rupert Mackenzie
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeMar 2 Juin 2020 - 17:12

Bonjour,

Nouveau ici, et débutant, je vous partage ce que le confinement m'inspire: des mensonges ainsi que de la trahison.
Bonne lecture.
N'hésitez pas à me faire des retours qu'on puisse en discuter et faire avancer le récit.


L'écran indiquait un retard de trois minutes.
Il me tardait de nous retrouver : trois mois depuis nos dernières vacances. Nous étions tous les deux pris dans notre quotidien : moi avec mes shootings au Brésil ; lui avec ses show-rooms Parisiens, nous commencions à vivre une relation à distance, comme ces couples de sportifs de haut niveau : par sms ; parfois par skype.

Depuis notre dernier baiser, je me retrouvai seule dans ma chambre d’hôtel. Je combattais la solitude en me rappelant ces moments qui ont compté dans ma vie : mon premier casting ; mon premier salaire ; mon premier petit ami du lycée : Pete, un gars extra . La suite de ma vie fût moins glorieuse, jusqu'à notre rencontre.

C'était un lundi. Le 14 décembre 1988. Mon agent m'avait emmené à New-york, pour un « christmas events », en m'assurant que ce serait payé le double du cachet habituel. Le marché des « top » était saturé, je n'ai pas hésité une seule seconde.

Dans un immense appartement sombre et glacé, je devais poser en bikini, sur une fausse plage aménagée. Les changements de décors demeuraient ma bouffée d'oxygène : quatre minutes rien que pour moi. J'en profitais pour me précipiter sur le chauffage individuel. Dans ses bras de tôle, je rêvais de soleil ; de pic nique dans un jardin fleuri: celui de mes parents.

Dès la fin de la troisième minute, mon agent avait l'habitude de toquer pour vérifier que je ne m'étais pas endormi sur les chaises pliantes ; les soirées « relationnelles » avaient divisées mes nuits par trois.
Je me déshabillais en quatrième vitesse.
Je faisais attendre le plateau ; il ne trouvait rien de mieux que de m'enfoncer : « Ma chérie, tu me fais de la peine. Va falloir que tu te ressaisisses ! Elle est où la Morgane conquérante ? Celle de la couv d'ELLE ? Là au moins, tu envoyais !

Le shooting reprenait ses droits. Assis sur un monticule de sable, dans des postures dignes de gymnastes, je ravalais ma fierté.
Les hostilités duraient depuis plus de trois heures. La fatigue, mêlée à la faim, venaient se joindre aux difficultés. Interdiction de bouger du bac à sable, protocole oblige.
Je regardais le photographe se préparer des assiettes du diable : des nems au poulet, accompagné de riz cubain avec une salade niçoise. Mes relans d'acidité ne me laissaient plus tranquille ; mon estomac ne s'habituait pas à la famine.

18h : la fin du show.
Epuisée, la culotte remplie de sable, j'attrappais la serviette de ma collègue pour un brin de toilette : Celle-ci était humide et dur comme un dos de raie.

Cette fois-ci, la tension dans le studio était palpable : le photographe, mécontent de ses clichés journaliers, ordonnait à mon agent de refaire une série. Notre timing serré ne pouvait le permettre, ce qui foutu Monsieur pellicule en rogne. Il balança l'appareil sur une des top restée sur le décor imaginaire, qui l'esquiva de justesse.
Résignée, j'acceptais une session de rab.

« C'est bon Gus, laisse les partir. Je suis sur que nous avons ce qu'il faut. »
Le photographe regarda son interlocuteur, puis haussa les épaules.
« La séance est terminée, merci à tous. »
Dans la pénombre, je me fiais à mes oreilles : une voix assurée, des pas cadencés. Ce devait être un type carré.

Un assistant se chargea d'allumer les suspensions ; l'appartement paru chaleureux. La décoration me rappelait un club de jazz de Montreal où Martha, mon ancienne colloc, avait l'habitude de m’emmener. Le buffet de 13h avait été installé sur une grande table en acajou entouré de chaises « Kentucky ». Les ampoules illuminait les mur de brique sur lesquels était disposés des photos de famille. Au centre de la pièce, de grands canapés chester, posés sur des tapis berbères se faisaient face. Un piano Goldstein complétait le décor.

Je l’aperçus enfin. Il était bel homme, grand, avec de larges épaules ; de longs cheveux brossés en arrière lui donnait un air mauvais garçon, accentué par un visage anguleux. Sa voix prétendait le contraire : grave mais douce.

Il me tendit une enveloppe, accompagné d'un sourire.
« Tenez, merci pour votre collaboration ».
Mon agent l'a saisi et nous présenta.


Aujourd'hui, en regardant autour de moi, je me rendis compte que nous étions seuls sur le quai.
Heureuse, j'approcha ma main de la sienne pour en effleurer la paume : je sentis la moiteur agripper ses cales. La viscosité m’ôta toute envie de tendresse.
Il paraissait obnubilé par une publicité d'électroménager, sur le quai d'en face : une femme d'une quarantaine d'année, était représentée dans le coin gauche. Elle surveillait une casserole posée sur la gazinière ; en arrière plan : deux enfants préparait la table dans la salle à manger. Une balance apparaissait dans le coin droit.

La rame stoppa sa course devant nous; les portes s'ouvrirent puis claquèrent contre la paroi en métal. Il me fit monter la première puis m'ordonna de m’asseoir côté fenêtre. Je m'exécuta, perplexe.
Il hota son chapeau et le posa sur le siège voisin.
A la façon qu'il eu de respirer, je compris que sa journée avait été compliquée. Je ne voulais surtout pas gâcher ce moment intime. J'ouvris mon sac et en sortit un magazine de décoration, que je feuilletas.

Après quelques minutes de voyage, j'entendis sa respiration se calmer. Il posa sa main sur ma cuisse, effectua une caresse ondulée puis l'agrippa ; j’esquissa un sourire. Il avait envie de moi, c'était bon signe. Je balaya mes inquiétudes et me prit à rêver de ce long weekend en amoureux.

On annonça la prochaine station : Glastonbury bridge : une femme d'un certain âge monta dans la rame ; un homme à la barbe grisonnante l'a suivit : tous deux habillés en tenue de soirée.
Nos regards se croisèrent ; le couple vint s’asseoir en face de nous. Je sentis la main de Bill serrer d'avantage ma jambe. Il me faisait mal. Je pressa doucement mes ongles dans sa peau pour qu'il se retire.
Soudain, je sentis une vague d'excitation monter dans mon bas ventre : Bill ne portait plus son alliance. C'était donc ça la raison de sa nervosité: une demande en mariage. Je commençais à frémir rien qu'à cette idée.

Il se leva sans un mot, puis parti en direction des toilettes.


Une demi-heure s'écoula ; le conducteur annonça la prochaine station: Albertbury.
Je vis mon compagnon revenir du wagon bar, livide.
Il s'arrêta à ma hauteur, me prit par le bras : « On descend ici ».
Son haleine sentait le whisky.

La station était déserte. Nous primes la direction du parking situé deux étages plus bas. Il me fit prendre l'escalier de secours. Il avalait les marches deux par deux et m’entraînait dans son rythme infernal. Un de mes talons se cassa ; il lâcha mon bras et j'alla m'écraser sur l'entresol.

Un bruit de moteur me réveilla.
Ma tête me faisait mal : un épais voile noir recouvrait mes yeux. Une forte odeur de chaterton m'agressait les narines.

Le moteur s’arrêta ; il y eu un silence. J'attendais sagement l'annonce du conducteur : aucun signal.
Cela sentait la cigarette, je songea à me lever pour indiquer mon mécontentement : c'est un wagon non fumeur ! Impossible de faire le moindre mouvement, mes pieds étaient vissés au sol ; mes mains : harnachées sur les accoudoirs.

C'est quoi ces conneries ? Ou étais-je ?
Aucun son ne sortait de ma bouche. Je me débattais sur mon siège, comme une mouche au prise avec une toile d’araignée.

Un claquement de portière résonna. A cet instant, je sentis des frissons me parcourir la nuque : je ne me trouvais pas dans le train.
De l'urine coula le long de mes cuisses sans que je puisse m'arrêter.

Un deuxième bruit de portière : côté  passager : la mienne.
Une douce odeur de lavande s’engouffra dans mon nez : Bill ! Je sentis ses mains sur mon visage : leur chaleur me détendit. Il m'ôta délicatement mon bandeau, ainsi que le morceau de chaterton, de ma bouche :
« Bill, mon amour. J'ai eu si peur ! Que se passe-t-il ? »
Livide, il ouvrit la portière passager puis actionna la boite à gants ; il y avait là un revolver. Une décharge d’adrénaline me parcourut la colonne vertébrale.
Etait-il à la poursuite du malade m'ayant kidnappé ?
Il l'attrapa et le glissa à l'arrière de son jean.

Ou était la voiture de Bill ?

Il défit mes noeuds ; une larme coula le long de sa joue.
« Descends », murmura-t-il.
Je m'exécuta tant bien que mal.
« Ou-est il parti ?
Il me fit signe avec sa lampe de poche, de me diriger vers la forêt.

Il faisait très froid, un brouillard épais naviguait entre les sapins.
« Arrête-toi là ».
Il pointait son arme sur moi.
« Bill ! » dit-je, morte de peur.
Il ne répondit pas.
« Je t'en prie, parle moi ! »
Il éclaira le vide: une pelle plantée dans un monticule de terre.
« Bill, putain de merde, c'est quoi cette connerie ? »
Je l'entendis actionner la gâchette du revolver.
« Putain de merde, Bill, ne fais pas ça !
-Je perd tout si ils l'apprennent pour nous deux: le cabinet ; la maison ; les enfants, tout.
J'essayais d'expirer calmement.
« Retourne toi ! 
-Qui ça Bill ? »
Son regard était froid et dur.
« Retourne-toi bordel !
-Pitié Bill…. »
Il y eu un silence.
« Pitié…. ».
Je ferma les yeux.
Un coup de feu résonna.
Un nouveau silence.
Je ne comprenais pas : mes muscles continuaient de bouger, et mon cœur de battre.
J'ouvris doucement les paupières ; la forêt me faisait face.
Je me retourna légèrement.
Bill gisait au sol ; un trou béant dans le crane.




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Salut
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeVen 5 Juin 2020 - 23:14

Oh la la c'est glauque! 

Mais vraiment captivant! J'ai beaucoup aimé ton texte, très prenant, on ne sait pas où tu nous emmènes et la chute est d'autant plus rude! x) 

Il y a quelques erreurs d'accord de temps mais sinon j'ai trouvé cette lecture vraiment agréable!
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Rupert Mackenzie
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeSam 6 Juin 2020 - 17:29

Merci pour ton retour!

As-tu des améliorations à m'indiquer en dehors des accords de temps, sur la structure ou sur les personnages, ou même l'intrigue?


Je vais couper en deux ma nouvelle pour en faire deux scènes distinctes.

Je la posterai prochainement.
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Rupert Mackenzie
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeMar 9 Juin 2020 - 18:03

Bonjour à tous,

Je vous partage une version 2 de ma précédente nouvelle. Comme indiqué je l'ai coupé en deux parties.

Bonne lecture!


L'écran indiquait un retard de trois minutes.

Il me tardait de nous retrouver : trois mois depuis notre dernière escapade.
Pris dans notre quotidien : moi avec mes shootings au Brésil ; lui avec ses show-rooms Parisiens, nous vivions une relation à distance, comme ces couples sportifs de haut niveau : par sms ; parfois par skype.
Le soir, seule dans ma chambre d’hôtel, je combattais la solitude en me rappelant les moments charnières de mon existence : mon premier casting ; mon premier salaire ; mon premier petit ami du lycée : Pete, un gars extra . La suite fût moins glorieuse, jusqu'à notre rencontre.

C'était un lundi. Le 24 décembre 1988. Mon agent, décida de m’emmener à New-york, pour un « christmas event », en m'assurant une couverture médiatique internationale. Le marché des « top » était saturé ; et l'assurance maladie ne couvrait qu'à moitié les frais hospitaliers d'Aline.

Dans un loft humide de Manhattan, il me fallait poser en bikini dans des postures de gymnastes.
Les hostilités duraient depuis bientôt trois heures ; la fatigue se faisait sentir.
Sur cette fausse plage de sable, je serrais les dents en pensant à Aline. Ma belle petite sœur, muette depuis la mort des parents, demeurait la seule personne qui croyait en moi. Sa joie de vivre me boostait dans les moments difficiles.

Je résistais tant bien que mal, jusqu'aux changements de décors : ceux-ci restaient ma bouffée d'oxygène : quatre minutes rien que pour moi. Je me précipitais sur le chauffage individuel. Dans ses bras de tôle, je m'assoupissais quelques secondes, songeant à un pique nique avec ma petite fée.
Dès la fin de la deuxième minute, mon agent sadique avait l'habitude de toquer pour grappiller du temps de travail, une façon bien à lui, de montrer son autorité hiérarchique. Renald était un petit homme bedonnant. Aussi nerveux que fin négociateur, il avait réussi à se faire une place dans le monde de la mode, malgré son antipathie.
Las, je le laissais entrer. Il débitait ses phrases ignobles, tout en me caressant les épaules :
« Ma chérie, tu me fais de la peine. Va falloir que tu te ressaisisses !Elle est où la Morgane conquérante ? Celle de la couv d'ELLE ? Là au moins, tu envoyais ! »

18h, fin du show.
Épuisée, la culotte remplie de sable, j'attrappais la serviette humide de mes collègues, pour un brin de toilette.
La tension dans le studio était palpable : le ton montait entre le photographe et mon agent. L'un exigeait une nouvelle série, l'autre l'intégralité du cachet pour service rendu. De rage, Monsieur pellicule balança l'appareil sur une des mannequins restée sur le décor imaginaire, qui le prit en plein visage. Cette violence infligée à ma collègue m'était insupportable ; j’acceptai une session de rab.

« C'est bon Gus, laisse les partir. Je suis sur que nous avons ce qu'il faut. »
Dans la pénombre, mes oreilles m'aidaient à dresser le portrait de mon sauveur : il avait une voix rassurante : celle d'un homme d'expérience.

Un assistant se chargea d'allumer les suspensions ; mon intuition avait vu juste : il était grand, avec de larges épaules ; la quarantaine, plutôt bel homme. De longs cheveux noirs brossés en arrière lui donnait un air mauvais garçon, accentué par un visage anguleux. Sa voix prétendait le contraire : grave mais douce.

Il me tendit une enveloppe, que mon agent saisi.
L'homme me regardait intensément : ses yeux bleus me pénétraient. Comme s'il cherchait à lire en moi :
« D’où venez-vous Mademoiselle ? »
-D'Angleterre, Monsieur.
-Appelez moi Bill, dit-il. Je n'ai pas reconnu votre accent...
-Mon père est américain et ma mère vient d’Éthiopie.
- Un très beau mélange, dit-il.
Je me sentis rougir.
« D’où est votre père ?
-De Boston.
-Une jolie ville. J'adore me promener dans le quartier de Beacon Hill : l'architecture y est remarquable. J'imagine que vous avez dû vous y rendre plus souvent que moi.
-Pas récemment, dis-je. Mon travail est très prenant.
-Je comprends. Et vous le faites avec professionnalisme, c'est appréciable. D'habitude, les filles se comportent comme des divas. »

Je lui lança un regard noir : a-t-il la moindre idée de ce nous vivons réellement ? A-t-il déjà connu la faim, la fatigue, les privations de sommeils, les dîners mondains ennuyeux à mourir ; la pression des défilés ; les insultes des couturiers, des agents ?
« Nous travaillons parfois dans des conditions difficiles », répondis-je en balayant la pièce du regard.
L'homme, décontenancé, se caressa la barbe, puis s'adressa à mon agent :
« Affaire conclue ? »
Ils se serrèrent la main.
Bill me fit un signe de tête puis se dirigea vers le photographe.

Renald me prit par le bras, me priant de le suivre à la loge. Il ferma la porte et m'ordonna de m’asseoir :
« Tu es devenue folle ?
Je me déshabillais, penaude.
«Tu ne pouvais pas te taire pour une fois !  Je joue ma réputation dans ce deal !
- Il est prétentieux Renald, j'aime pas les prétentieux.
« Cette fois, tu l'as cherché ! »
Rouge de colère, il me tendit une liasse de billets.
« Il n'y a pas le compte Renald, dis-je, en soupesant le paquet.
-Tu viens de bousiller une relation commerciale, je te signale ! C'est ça ou rien ! »

A cause de ma grande gueule, il me manquait deux milles dollars pour les soins d'Aline.
Je sentis la colère montée en moi. J'enfila une jupe, prit mon manteau et ouvrit la porte de la loge comme une furie.
Bill était là, devant moi, prêt à toquer :
« Mademoiselle, je vous prie de m'excuser, j'ai été maladroit tout à l'heure. »
Aucun son ne sortit de ma bouche.
« J'aimerais me rattraper, accepteriez-vous de dîner avec moi ce soir ?

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Rupert Mackenzie
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeMar 23 Juin 2020 - 17:01

Bonjour à tous,

Voici ma V2 de mensonges et trahison.
Bonne lecture.



Lundi 24 décembre 1988.
Mon agent, décida de m’emmener à New-york, pour un « christmas event », en m'assurant une couverture médiatique internationale. Aline, comprenait.

Dans un loft humide de Manhattan, il me fallait poser en bikini dans des postures de gymnastes.
Les hostilités duraient depuis bientôt trois heures : sur cette fausse plage de sable, je serrais les dents en pensant à Aline. Je l'entends me dire que j'ai du mérite de travailler dans ce monde de requins. Pour moi, le vrai combat, c'est ce que ma petite soeur vivait au quotidien : les sondes, les électrodes ainsi que les nuits froides dans sa chambre d’hôpital.

Je résistais tant bien que mal, jusqu'aux changements de décors.
Direction : la loge.
Je me précipitais sur le chauffage individuel. Dans ses bras de tôle, je m'assoupissais quelques secondes, songeant à un pique nique avec ma petite fée.
Soudain, un grincement de porte. Alertée, mes paupières s'ouvrirent immédiatement.
Une personne entra : Cela sentait le chanel n°5.
Mince, c'est Renald. Dépêche toi de t'habiller, me dis-je.
Je m'installa face à la glace, en quatrième vitesse.
Nos regards se croisèrent : il souriait, mais c'était le sourire d'un homme nerveux qui perdait patience.
« Un coup d'eye liner ne serait pas de trop », dit-il.
Renald, mon agent, était un petit homme quarantenaire, au visage poupon. Il arborait une coupe courte, ainsi qu'une barbe de trois jours, « pour faire son âge ».
Son nez, en forme de trompette, demeurait sa plus grande fierté : un objet de convoitise, selon lui. Malgré sa surcharge pondérale, il était souvent vêtue d'un jean slim et d'une chemise blanche cintrée aux aisselles.

« Tu me fais de la peine. Va falloir que tu te ressaisisses ! Elle est où la Morgane conquérante ? Celle de la couv d'ELLE ? Là au moins, tu envoyais ! »

18h, fin du show.
Épuisée, la culotte remplie de sable, j’attrapais la serviette humide de mes collègues, pour un brin de toilette.
La tension dans le studio était palpable et je détestais cela. Le photographe exigeait une nouvelle série, tandis que mon agent, l'intégralité du cachet pour service rendu. De rage, Monsieur pellicule balança l'appareil sur une des mannequins restée sur le décor imaginaire, qui le prit en plein visage. Cette violence infligée à ma collègue m'était insupportable ; j’acceptai une session de rab.

« C'est bon Gus, laisse les partir. Je suis sur que nous avons ce qu'il faut. »
Dans la pénombre, mes oreilles m'aidaient à dresser le portrait de mon sauveur : il avait une voix rassurante : grave, rauque.

Un assistant se chargea d'allumer les suspensions ; mon intuition avait vu juste : il était grand, avec de larges épaules ; la cinquantaine, plutôt bel homme. De longs cheveux noirs brossés en arrière lui donnait un air mauvais garçon, accentué par un visage anguleux. Sa voix prétendait le contraire : grave mais douce.

Il me tendit une enveloppe, que mon agent saisi.
L'homme me regardait intensément : ses yeux bleus me pénétraient. Comme s'il cherchait à lire en moi :
« D’où venez-vous Mademoiselle ? »
-D'Angleterre, Monsieur.
-Appelez moi Bill, dit-il. Je n'ai pas reconnu votre accent...
-Mon père est américain et ma mère vient d’Éthiopie.
- Un très beau mélange, dit-il.
Je me sentis rougir.
« D’où est votre père ?
-De Boston.
-Une jolie ville. J'adore me promener dans le quartier de Beacon Hill : l'architecture y est remarquable. J'imagine que vous avez dû vous y rendre plus souvent que moi.
-Pas récemment, dis-je. Mon travail est très prenant.
-Je comprends. Et vous le faites avec professionnalisme, c'est appréciable. D'habitude, les filles se comportent comme des divas. »
Je lui lança un regard noir : a-t-il la moindre idée de ce nous vivons réellement ? A-t-il déjà connu la faim, la fatigue, les privations de sommeils, les dîners mondains ennuyeux à mourir ; la pression des défilés ; les insultes des couturiers, des agents ?
« Nous travaillons parfois dans des conditions difficiles », répondis-je en balayant la pièce du regard.
L'homme, décontenancé, se caressa la barbe, puis s'adressa à mon agent :
« Affaire conclue ? »
Ils se serrèrent la main.
Bill me fit un signe de tête puis se dirigea vers le photographe.

Renald me prit par le bras, me priant de le suivre à la loge. Il ferma la porte et m'ordonna de m’asseoir :
« Tu es devenue folle ?
Je me déshabillais, penaude.
«Tu ne pouvais pas te taire pour une fois !  Je joue ma réputation dans ce deal !
- Il est prétentieux Renald, je n'aime pas les prétentieux.
« Cette fois, tu l'as cherché ! »
Rouge de colère, il me tendit une liasse de billets.
« Il n'y a pas le compte Renald, dis-je, en soupesant le paquet.
-Tu viens de bousiller une relation commerciale, je te signale ! C'est ça ou rien ! »

A cause de ma grande gueule, il me manquait deux milles dollars pour les soins d'Aline.
Je sentis la colère montée en moi. J'enfila une jupe, prit mon manteau et ouvrit la porte de la loge comme une furie.
Bill était là, devant moi, prêt à toquer :
« Mademoiselle, je vous prie de m'excuser, j'ai été maladroit tout à l'heure. »
Aucun son ne sortit de ma bouche.
« J'aimerais me rattraper, accepteriez-vous de dîner avec moi ce soir ?

******************************

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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeJeu 25 Juin 2020 - 22:28

Hello Rupert!

Si tu veux travailler sérieusement ce texte,mieux vaut que tu ouvres un sujet dans Les Galeries, avec un espace commentaires dédié, parce que le but de ce sujet était plutôt de partager nos réalisations en lien avec le confinement et la crise sanitaire. Smile
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeSam 15 Aoû 2020 - 9:36

@Salut a écrit:
Réflexions confinées... 
J'ai vraiment apprécié ton texte, bien construit, à la fois terre à terre et émouvant.

Bravo pour l'exposé de la dure réalité et cette fin positive !

Mon passage préféré :

Cette machine-là aussi fonctionne bien tant qu'on la laisse faire. Aujourd'hui je suis heureuse. Parce que nous sommes une bande de sales gosses, et qu'on a bien mérité de se prendre une rouste. De temps en temps ça ne fait pas de mal. Aujourd'hui je suis heureuse. Parce que nous sommes des esprits inventifs, libres, et sincères. On a bien mérité une seconde chance.[/spoiler][/justify]
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeSam 15 Aoû 2020 - 21:46

Merci cher.e invité.e !  ::copain::

Même si tu sembles avoir disparu dans un confin de l'univers!
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jihel
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeSam 5 Sep 2020 - 13:42

La nouvelle était tombée pendant le JT du soir, interdiction de sortir de chez soi sauf cas de force majeure.
L’homme était discipliné, craintif et un tantinet asocial. Il décida donc d’appliquer les consignes à la lettre.
Il fallait s’organiser, vite, vite, une grande surface, un grand caddy, une grande liste de course, une grande foule, une grande pagaille, une grande perte de temps et vite vite retourner chez soi, le coffre lesté de kilos de riz complet, pâtes complètes, légumes secs, fromages à pâte cuite, lait, œufs, thon en boîte, sardines en boîte, maquereaux itou et, bien sûr, l’indispensable papier toilette. Avec l’aide de son petit potager, de quoi tenir des semaines, des mois, même, sans sortir de chez soi, en totale autarcie.
Il calfeutra, côté rue, portes et fenêtres. Ainsi il ne risquerait rien sauf si le virus, sournoisement, décidait d’attaquer par l’arrière de la maison. Oui, mais un virus c’est sournois, alors après une courte réflexion, il condamna aussi les fenêtres donnant sur le jardin et protégea la porte fenêtre d’une lourde bâche, efficace, sécurisante, mais facile à enlever pour accéder à ses légumes.
Satisfait et rassuré, il s’accorda une courte pause pour boire un café. Misère, la boite était presque vide et, bien entendu, il avait omis de vérifier son stock avant de partir faire ses courses. Que faire, ressortir ? Il imagina aussitôt des nuages épais de petits virus, vexés d’avoir perdu la première bataille, surpris par la rapidité de son offensive et prêts à fondre sur lui pour prendre leur revanche. On l’a déjà dit, le virus est petit, mais il est sournois. Qu’importe, se dit l’homme, je me ferai des infusions de thym, j’en ai à profusion dans mon jardinet. Autant commencer de suite, gardons le café pour une grande occasion.
Le thym, c’est bon pour la santé, c’est antiseptique, antibiotique, antibactérien ; ça dégage le nez, combat le rhume, apporte des vitamines et des minéraux, bref c’est bon ! Pour la santé… mais sinon c’est quand même mauvais à boire. Mais quand on s’aime on ne compte pas les mesures de prophylaxie !
Bien, maintenant, organiser son planning pour ne pas donner prise à l’ennui.
Le matin lever, petit déjeuner… ah flûte, pas de café, pas de pain non plus… bon alors tisane de thym, douche il faut rester propre même si personne ne peut vous sentir, puis jardinage. A 11h30 préparation du repas puis repas puis petite sieste digestive. L’après-midi un peu de lecture, un peu de sport peut-être, selon l’humeur du moment, il faut garder une part d’imprévu. A 18h douche rapide puisqu’on a jardiné, préparation du repas, puis repas. Infos du soir. Coucher à 21h maximum. Quand on s’alimente légèrement, bien dormir c’est essentiel.
La journée est déjà bien avancée alors il décide de consacrer le temps qu’il lui reste à peaufiner son organisation. Dans le placard du fond, les conserves, rangées par ordre de date de péremption. Problème, trouver les dates de péremption ! Pourquoi les fabricants ne se mettent-ils pas d’accord pour les mettre toujours au même endroit et en caractères lisibles si possible, pas microscopiques et à moitié effacés ! Bien, les lunettes s’imposent. Les boites sont rangées. Plus d’une heure est passée. Maintenant même opération pour les pâtes, les légumes secs, le sucre, la farine… tout ce qui craint les mites trouve sa place dans le vieux frigo débranché du garage, bien à l’abri des prédateurs. Le garage, Mon Dieu ! Cette porte mal jointée ! Vite, calfeutrer ! Ouf, à l’abri, deux nouvelles heures se sont écoulées. Il est temps de préparer le dîner. La fatigue est là, alors une boite de sardines fera l’affaire, devant la télé pour écouter les nouvelles.
Les journalistes souriants annoncent le nombre des décès, passent la parole à des spécialistes au regard grave qui spéculent sur un avenir dont nul ne sait rien mais parviennent à en parler pendant vingt longues minutes. Un reporter terrain s’invite dans un couloir d’hôpital, interroge une femme aux gestes fatigués. Dans la rue quelques passants passent en se disant que ça va passer. L’homme écoute machinalement, mécaniquement, comme hypnotisé par cette litanie de mots creux. Dans la boite quelques sardines rescapées pensent avec satisfaction qu’il n’a plus faim, ou qu’il les a oubliées. Le réveil lumineux, placé sous la télé, indique qu’il est 21h30. L’homme sursaute. 21h30, déjà son planning est mis à mal. Bon ! Pas grave ! Il commence demain de toute façon. La boite de sardines, couverte d’un morceau de film plastique transparent, finit sa soirée dans le réfrigérateur. Les sardines vont se cailler les écailles ! Mécontent l’homme réalise qu’il faudra à l’avenir qu’il trouve d’autres solutions pour protéger ses sardines ou autres restes. La période du tout jetable est révolue. Il doit traîner dans une armoire des boites en plastique avec couvercle. Il cherche, trouve et va se coucher rassuré. Encore un problème de résolu. Mais avec tout ça il est 22h. L’homme dort mal. Il se voit dans le jardin, proie facile pour virus affamés et vicieux. Il imagine monter une armature sur laquelle il tendrait des bâches plastiques. Trop compliqué, pas de matériel et puis trop de vent dans ce pays, le plastique ne ferait pas long feu.
Sortir la nuit ? Est-ce que ça dort un virus ? Oui mais de toute façon, s’il allume une lampe pour voir ce qu’il fait, il va les réveiller, pire, les attirer.
Se déguiser en chien ? Il parait que les virus ne s’en prennent pas aux animaux. Mouais, mais ils doivent identifier les odeurs, c’est sûr.
Ensuite il pense aux pensions, à la sienne en particulier. Pendant combien de temps le gouvernement va-t-il pouvoir continuer à payer le chômage partiel, le chômage total, les commerçants qui ne peuvent plus commercer, les artisans qui ne peuvent plus artiser, les entreprises qui n’entreprennent plus assez, les équipements pour les hôpitaux, les passages télé du Président, la police qui contrôlent les passants qui, comme on l’a dit, continuent à passer, les douaniers qui empêchent les immigrants d’immigrer, les gendarmes qui verbalisent les vacanciers qui voudraient vacancer. D’autant qu’il reporte les impôts, les taxes, prête de l’argent, garantit des prêts, provisionne des fonds pour le jour où il faudra aider les banques. Alors, évidemment, il y a aussi quelques économies, les routes qui s’usent moins, l’avion présidentiel bloqué sur le tarmac, les fonctionnaires en chômage partiel. Mais ça ne fait pas le compte et même si, virus oblige, il y aura moins de pensions à payer, pas la peine de se faire des illusions, les premiers à se serrer la ceinture après avoir serré les fesses pour passer le cap, ce seront les vieux qui restent !
Bref, une sale nuit, quoi !
Aux premières lueurs de l’aube, l’homme se lève fébrile, avale rapidement sa tisane de thym et se précipite vers le garage. Il y déniche un vieux ciré qui descend aux genoux qu’il enfile sur un pantalon de bateau en toile imperméable, une paire de bottes pour le bas, une cagoule pour haut sur laquelle il enfile, trouvaille des trouvailles, le masque d’escrime qui prenait la poussière sur le haut d’une armoire. Sous le tout des sous-vêtements longs. Une solide paire de gants et le voilà paré pour aller jardiner.
Il enlève la bâche, met un pied dehors, respire prudemment, sourit et avale une grande goulée d’air. Il fait délicieusement frais, la température idéale pour travailler. Son regard parcourt le jardin : sur les côtés les hautes haies qui masquent les murs tristes et le protège des regards inquisiteurs des voisins ; à droite le petit potager généreux ; à gauche, sur un joli carré d’herbes folles, les buissons de fleurs, et surtout ce magnifique olivier centenaire, millénaire peut-être qui trône en plein milieu. L’arbre était sur le terrain quand la maison fut construite et la maison fut construite en fonction de la position de l’arbre, comme pour se placer sous sa protection.
Après avoir joui quelques instants de ce moment de quiétude, il se met à l’ouvrage. D’abord les légumes. Euh… Il n’arrive pas à se baisser avec son harnachement. Bon, d’abord tailler l’olivier, les légumes on verra après. Quelques branches plus tard il a déjà trop chaud. Une heure plus tard, il jette l’éponge, ou du moins le sécateur, et rentre se mettre à l’abri. Il se console en se disant que les légumes peuvent attendre et que la taille de l’olivier n’est pas urgente. Il se déshabille, tourne en rond, décide d’aller se doucher. Après tout, le confinement va durer, alors il pourra commencer son programme demain. Pour l’instant il part faire le tri de ses livres afin de sélectionner ceux qu’il va lire, ou plutôt relire, dans les semaines à venir. Quelques minutes plus tard, il est assis à même le sol, un ouvrage entre les mains. Puisqu’il a commencé à le parcourir, autant continuer…
Il retourne au salon, abandonnant provisoirement sa sélection, s’installe, commence à lire, jette un œil au réveil lumineux. 8h30 ? Seulement ? La matinée se traîne. L’homme pose le livre et laisse ses pensées vagabonder, il somnole. Un regard furtif vers la pendule. 8h55 ? Il allume la télé, écoute quelques minutes, se dit qu’il est tombé sur la même émission qu’hier qui doit repasser en boucle mais réalise que c’est juste l’émission d’aujourd’hui qui dit exactement les mêmes choses que celle d’hier mais avec d’autres visages graves, d’autres gestes fatigués, et un peu plus de décès.
10h30, annonce le réveil, désolé de sa lenteur. Je vais préparer le repas, se dit l’homme, le thym ça ne remplit pas, je prendrai mon repas de midi un peu plus tôt. Mais mettre de l’eau à bouillir pour cuire des pâtes et ouvrir une boite de sardines, ça ne prend pas longtemps. Surtout quand la boite de sardines est déjà ouverte et qu’il suffit de retirer le film plastique. Et même, si, par souci d’économie, on prend le temps de nettoyer le film plastique, de l’essuyer puis de le plier soigneusement pour un prochain usage. L’homme fait sa vaisselle, retourne au salon. 11h15, s’excuse le réveil.



La suite... si vous en avez envie Wink
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeDim 6 Sep 2020 - 22:14

Trop cool ce texte!! J'adore tes descriptions tellement réalistes des petits gestes précautionneux de l'homme, je peux le voir recouvrir sa boîte de sardines de plastique, ha ha!

J'espère que ce n'est pas autobiographique Wink 

Moi je veux bien la suite, je m'attends un peu à ce que les choses dérapent, soit il explose et devient le rebelle du confinement le plus recherché du continent, soit il se laisse mourir d'ennui et d'angoisse au fond de son garage...
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jihel
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeLun 7 Sep 2020 - 10:55

Suite et fin donc, pour te remercier du temps que tu dédies au site, Salut

L’homme attrape son livre, l’ouvre pour le refermer aussitôt, allume la télé pour l’éteindre aussitôt, ferme un œil pour le rouvrir aussitôt. Il traîne sa journée jusqu’à 18h, avale le reste de pâtes froides et se couche, en se justifiant de sa nuit blanche précédente.
Le lendemain, il reste assis, maussade, devant sa tasse de tisane. Il arrache la bâche et regarde l’extérieur. Le ciel a le bleu pâle d’une belle journée qui débute, il sait combien l’air doit être agréable à respirer. Et zut ! Pas une seconde journée comme celle d’hier. Il enfile un simple pull et franchit la porte fenêtre sans la moindre hésitation. Dehors, il respire à pleins poumons, sourit à son jardin et se met à l’ouvrage. Quand son dos commence à tirer un peu, il se rend compte que son estomac tente lui aussi de lui parler, timidement. D’excellente humeur, il rentre dans la maison, se prépare un bon repas, sardines et pâtes, et s’offre le luxe d’une tasse de café pour célébrer cette victoire sur la peur et cette matinée si agréable. Allez, allons voir s’il y a des nouvelles ! L’homme s’installe devant la télé pour boire son café. 16h30, dit le réveil, fier de sa performance. L’homme n’en revient pas, passe sur une chaîne d’infos en continu, vérifie l’heure marquée en bas de l’écran. Mais oui, il est 16h30. Tout guilleret, il attrape le livre, s’y plonge une heure durant puis retourne au jardin, nettoie soigneusement ses outils non sans en profiter pour arracher au passage quelques mauvaises qui ont poussé sournoisement durant sa brève absence. Il ne leur en veut pas. Elles tentent de vivre leur vie les pauvres. Il déterre quelques légumes, carottes, navets, pommes de terre et, satisfait de lui-même et du monde qui l’entoure, il rentre chez lui, prend une douche et se prépare une soupe bien épaisse dont il avale un bol avant de se mettre au lit. 22h lui dit le réveil de sa chambre. Bien, ce n’est pas tout à fait conforme au programme imaginé mais il a passé une bonne journée, c’est le principal.
Le lendemain, il surprend l’aube tant il est pressé de retourner se mettre à l’ouvrage, il y a tant à faire. Hier, il a soigné ses légumes, biné, désherbé, bichonné, aujourd’hui ce sera le tour de l’olivier.
Je vais te faire une coupe de printemps, lui dit-il, affable. Comme il a tout son temps, il taille les branches par petits bouts, pour qu’ils tiennent sans problème dans sa brouette. Puis, avant qu’elle ne soit trop pleine et trop lourde, il va la vider au fond du jardin, en un beau tas régulier qu’il laissera bien sécher avant, quand le moment sera venu, d’en faire un beau feu de joie. C’est en s’apercevant qu’il a du mal à distinguer ce qu’il taille qu’il réalise que, vengeant l’aube, le crépuscule à son tour l’a surpris. Il rentre et son estomac en profite pour réclamer son dû. Mais il est déjà tard et la fatigue se fait sentir. Un bol de soupe fera l’affaire, après tout j’ai de la réserve, dit l’homme en tapotant son ventre.
Le lendemain matin, avant de se mettre à l’œuvre, l’homme se fait cuire un kilo entier de riz. J’en aurai pour la semaine, se dit-il, ainsi, le soir, je gagnerai du temps.
Et les jours passent, l’homme rentre de plus en plus tard, fourbu mais heureux. Un peu de riz, de temps à autre un peu de fromage ou une boite de conserve de poisson et une bonne tasse de tisane pour digérer. L’homme se couche avec un sourire sur les lèvres, dort comme une masse et, comme le soleil, décale progressivement son heure de lever pour pouvoir profiter du moindre instant de lumière. Si le jardin n’est pas excessivement vaste, entre le potager, les fleurs, les haies et l’olivier, il y a toujours un bout à attaquer quand l’autre est terminé. D’autant que, le temps ne manquant pas et le plaisir étant intense, l’homme fonctionne au ralenti, peaufinant chaque geste, admirant chaque rayon de lumière caressant une feuille, se régalant de la vision apaisante d’une abeille qui batifole de fleur en fleur, Parfois, il s’assoit à même la terre pour observer le petit peuple des fourmis qui s’affairent, indifférentes à la marche du monde, aux virus et aux hommes au visage grave.
L’homme ne se sent pas seul. Il prend toujours le temps d’expliquer à ses protégés comment il va s’y prendre pour les soigner, de quels traitements ils vont bénéficier. Mais s’il aime ses fleurs et ses légumes, l’olivier est son chouchou. Il est si beau, si noble, si serein, si… au-dessus de nos petites préoccupations, comme un vieux sage qui aurait vécu plusieurs vies. L’homme lui parle pendant des heures, lui raconte sa vie, écoute les feuilles bruisser en imaginant que, à sa façon, le vieil arbre lui répond. Parfois, il se surprend à l’enlacer, à frotter sa joue contre le tronc rugueux pour s’imprégner un peu de sa force tranquille. Parfois une branchette, prenant prétexte d’un souffle de vent, vient caresser sa joue. Mais l’homme sait bien que c’est son ami qui lui répond.
Les beaux jours arrivent, les températures se font douces, puis chaudes. L’homme a changé son organisation. Désormais il fait la sieste dans le jardin, couché dans l’herbe, au pied de l’olivier. Il ne rentre que tard le soir et écourte ses nuits dans la maison qui l’étouffe. Jusqu’à ce soir ou, saisi d’une révélation subite, il se dit qu’il serait tellement plus agréable de dormir directement dans le jardin, au pied de son arbre. Sitôt pensé, sitôt fait. L’homme ne rentre plus dans la maison que rarement, pour se préparer quelque chose à manger qu’il avale rapidement. Un jour, occupé à arracher une mauvaise herbe particulièrement résistante, il est subitement rappelé à l’ordre par un cri de son estomac. Pour gagner du temps, il se cueille directement son repas dans le jardin, une courgette, une tomate et quelques radis rapidement rincés au jet de son tuyau d’arrosage. C’est une seconde révélation. Pourquoi gâter sa santé avec des produits industriels, des conserves, des produits secs et morts, alors que la nature est là qui lui tend les bras ? Il décide que, désormais, il ne consommera plus que les produits que lui offre la nature généreuse. L’homme est heureux. Il ne pense plus aux journalistes souriants, aux hommes aux visages graves, aux femmes aux gestes fatigués. Il n’a plus besoin de livres car c’est, chaque jour, le livre de la vie, rythmé aux chapitres des saisons, qui se déroule sous son regard émerveillé.
Cette nature si belle, si tranquille. Pourquoi d’ailleurs lui imposer sa volonté ? N’est-ce pas déjà suffisant d’être accepté en tant qu’ami ? Il s’étend sur le sol, paisible, entier.
Un jour on décréta que le confinement était terminé. Les gens, heureux, sortirent dans la rue et s’embrassèrent. Rien ne serait plus jamais comme avant Les semaines passèrent et tout redevint comme avant.
Une année passa et un jour, sans qu’il sache comment lui était venue cette pensée, un voisin songea à l’homme, réalisant qu’on ne l’avait pas vu depuis bien longtemps. Plus curieux qu’inquiet, il appela la gendarmerie, qui appela les pompiers. Tous se concertèrent, décidèrent puis d’un bel effort, forcèrent la porte calfeutrée. Ils fouillèrent la maison, en vain. Ils sortirent dans le jardin qu’ils inspectèrent un long moment sans trouver trace de l’homme.
Alors qu’ils s’apprêtaient à faire demi-tour, bredouilles, un pompier s’approcha, curieux, d’une sorte de souche qui gisait au pied d’un magnifique olivier. Drôle de souche en vérité avec deux branches épaisses le prolongeant à un bout et deux branches latérales un peu plus fines, s’éloignant en croix. Les branches semblaient avoir plongé dans le sol et s’y être enracinées. Un peu partout sur la souche poussait des rejetons de l’olivier, frissonnant dans le vent léger, comme animés d’une vie intérieure intense. Du côté opposé aux deux branches épaisses, une boule brunâtre, comme une motte de terre.
Le pompier s’approcha plus. Le pompier regarda. Le pompier regretta d’avoir pris, ce matin, un petit déjeuner si copieux.
Il s’enfuit en courant, loin de la souche, loin de la boule, de ses deux yeux vides et de son sourire extatique.
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeMer 9 Sep 2020 - 16:33

Ooooh parfaite cette fin *o* Tu as réussi à me surprendre en fin de compte, et d'une belle façon.

Ça fait les pieds à la société, ça ha ha!
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jihel
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeJeu 10 Sep 2020 - 7:52

Very Happy

Je vais tenter une autre publication, dans les textes, dans un genre très différent

J'espère que ça te plaira aussi.

Effectivement, tu as raison, ce site n'est pas très effervescent.

Bon, il y a un nombre réduit de membres par rapport à d'autres mais parfois peu de personnes motivées c'est mieux qu'une multitude.

A suivre !

J'espère que ça va fonctionner, chère Modératrice (Ahah, j'ai du mal avec Salut, mon vieux cerveau coince !)
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Ametis
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeMer 18 Nov 2020 - 16:16

En ces temps troublés de deuxième confinement, je me permets de UP cet exercice car il revient au goût du jour !

J'aime beaucoup vos textes à tous, j'espère en voir plus ! Very Happy

_________________
Pronoms: Il / x

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Souriez, vous êtes confinés! Owl_ta13
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jihel
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jihel


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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeMer 18 Nov 2020 - 17:56

Il suffit de demander  Wink

DECISIONS AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ETAT

Le Président : Bien ! Mesdames et Messieurs les spécialistes, merci pour toutes ses informations précieuses et pour vos conseils éclairés. Vous nous avez donné matière à réfléchir et à débattre et nous allons maintenant nous mettre au travail pour arrêter nos décisions. Je vous remercie de votre implication sans cesse renouvelée, de votre courage, de votre abnégation, et je vous souhaite une bonne fin d’après-midi.
Les éminents médecins, virologues, infectiologues et bêtisologues quittent la salle après un dernier salut respectueux au Chef de l’Etat.
Le Président : Bon Castex, t’as compris quoi, toi alors ?
Le Premier Ministre : Ben, y a le petit à lunettes là, je crois bien qu’il a dit que fallait fermer les écoles.
Le Ministre de l’Education : Mais pas du tout ! Il a dit qu’il fallait ouvrir les fenêtres.
Le Ministre de la Santé : Mais il parlait des écoles ou des boulangeries ?
Le Ministre de l’Economie : Ah non, on ferme pas les boulangeries, on serait dans le pétrin.
La Premier Ministre : Bon ben on ferme quoi, alors ?
Le Ministre de l’Economie : Mais Blanquer il a dit qu’il fallait ouvrir.
Le Ministre de la Santé : En même temps…
Le Président (au bord de l’explosion) : Stop !
Ils baissent tous la tête.
Le Président : Bon ! Comme d’habitude c’est moi qui doit tout faire.
Il fouille dans sa poche, sort une liasse de billets de 100€.
Le Président : Merde j’ai pas de monnaie. Brigitte t’as de la monnaie ?
Une main sort de sous la table.
Le Président : Merci ma chérie. Surtout t’arrête pas, c’est trop bon. Bon alors pile on ferme, face on ouvre. Face. On ouvre ! Voilà. Pas besoin d’y passer des heures.
Le Premier Ministre : Euh… Monsieur le Président… mais on ouvre quoi ?
Le Président : Putain Castex, moi je donne les grandes directives, les détails c’est toi.

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CJ
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitimeDim 22 Nov 2020 - 18:13

Bonsoir,

voici une de mes premières bafouilles inspirées par le confinement:

C’est le jour 1, celui qu’on retient… celui qu’on voudrait bien effacer le cas échéant… ce jour de confirment de trop…. Ce jour où l’on a envie d’exploser, de toute faire virevolter, tout balancer, tout démolir et envoyer bouler….
Ce jour où cette boule est plus grosse et plus lourde sur le plexus … cette boule dure et vivante et qui ne s’arrête pas de nous écraser et de nous rappeler cette oppression et ce manque de liberté… ce ne sont malheureusement pas les quelques feuilles ramassées au bois cet après-midi qui nous feront oublier ce cloisonnement forcé…

Re-confinement depuis ce 2 novembre… impression que cela fait 2 ans…. Masque, gestes barrière, une personne à pouvoir visiter… pas de câlin, pas de bisous, pas de partage de sentiments, pas de transfert d’amour… sommes-nous devenus des robots ? Ce masque, mascarade, qui nous prive de toute expression faciale et nous empêche de partager sourire, moue …. Plus de belles dents blanches pour croquer la vie. Plus de sourire pour réchauffer les cœurs…

Nous sommes le 08 novembre et nous savons déjà que Noël n’aura pas lieu… tout au mieux en petit comité mais attention il faudra se protéger ! pas de rire, ni de fous rires à table ! pas de chansons, pas d’embrassade… l’amour doit prendre ses distances… mais qu’est-ce l’amour sans toucher et sans partage ? sommes-nous devenus des robots ?

Ne pas se plaindre, ne pas pleurer sur son sort. Ensemble, nous sommes plus forts… Envoyons des bisous virtuels, bricolons et fabriquons des messages d’amour intemporels ! Partageons nos idées et nos pensées… l’amour sous toutes ses formes, nous devons le développer…. Ailleurs, autrement, différemment… l’Homme que nous sommes trouvera supercherie et ruse pour tromper l’ennemi… l’amour sort toujours vainqueur… non, nous ne sommes pas des robots car nous avons du cœur…
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MessageSujet: Re: Souriez, vous êtes confinés!   Souriez, vous êtes confinés! Icon_minitime

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